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 The forest is breathing along with us tonight... [Absinthe (et Ethan ?)]

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Elliott Shanahan
♧ Humain ♧
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MessageSujet: The forest is breathing along with us tonight... [Absinthe (et Ethan ?)]   Sam 24 Sep 2011 - 17:46

« Non, je n'irai pas à votre stupide fête dans les bois. »

Elliott avait dit cette phrase sans quitter un instant l'écran de l'ordinateur qu'il fixait à s'en faire sortir les yeux du crâne, occupé à prouver qu'il était multifonction en suivant une discussion, jouant à un jeu en ligne et faisant une recherche sur la fonction zêta de Riemann. Son cerveau lui permettait de faire plusieurs choses simultanément, autant en profiter. Ses amis poussèrent un long soupir commun (pratique qu'on apprend vite en côtoyant notre asocial Humain) et tentèrent un assaut groupé pour le convaincre de venir à la super-teuf-rave-paty-dlamorkitue qui avait lieue le soir même dans une clairière de la grande forêt qui boisait l'île. Tous les arguments y passèrent, la musique, les beaux gosses, la bouffe, la boisson, la drogue, la danse... Ils cherchèrent tous au plus profond d'eux-mêmes les meilleures raisons possibles. La sonnerie et le mutisme du rouquin coupèrent court à l'exposé fatalement voué à l'échec. Le pourcentage de chances pour qu'Elliott se rende dans un lieu bondé où les gens ont le projet de s'amuser était de toutes manières horriblement faible.

Le jeune homme quitta la bibliothèque universitaire sans un mot, ne prenant même pas la peine de fermer les fenêtres Internet ou de quitter sa session ; il n’y avait pas de danger réel puisque l’Intranet des scientifiques n’était pas relié à sa session universitaire mais à une session spéciale cryptée. Ils avaient tout prévus ; rien dans cette ville ne leur échappait. Le même scénario que dans 1984. Toute tentative d’évasion ou de rébellion était vouée à l’échec… Du moins, c’est ce qu’on espérait à l’extérieur. Seul le temps pourrait vraiment prouver si cette prison pour hybrides était véritablement infaillible…

Les cours filèrent en un rien de temps et Elliott s’ennuya profondément. Il quitta l’université de mauvais poil et l’estomac qui criait famine, n’étant donc pas du tout disposé à être aimable. Au contraire, il avait une sourde envie d’engueuler quelqu’un pour passer ses nerfs, de frapper quelque chose et de le casser, de briser le moral d’une innocente personne persuadée que sa vie était belle… Son irritation croissante l’enveloppait comme un énorme nuage noir d’ondes négatives et l’instinct animal des Hybrides qu’il croisait sur sa route leur fit faire à tous un mouvement de recul. Ce gros nuage ne quitta pas le roux durant la marche et s’invita chez lui, le poursuivant avec obstination.

Lire le fatiguait, faire la cuisine le mettait en rogne, écrire ses rapports l’agaçait au plus haut point, jouer aux jeux vidéos le mena au bord de la crise de nerfs : tout l’énervait et rien ne le tentait. Poussant un cri de frustration, il se laissa tomber dans un siège et ramassa la vieille guitare qui traînait au sol. Il agita un peu ses doigts et en un clin d’œil esquissa les premiers accords du morceau qu’un certain Absinthe Shanazar lui avait joué il y avait déjà quelques temps.

Rylynn l’avait fait pleuré. Il était alors confortablement installé dans un vieux canapé défoncé, bien au chaud contre une pile de coussins, le ventre plein et l’étrange impression d’avoir trouvé un chez lui. Absinthe, grande panthère au regard hypnotique et à l’hospitalité un peu bourrue, qui lui avait fait dès le début une très forte impression, avait proposé de lui jouer une de ses compositions. Et Elliott avait pleuré. La musique était belle et triste, et quelques larmes coulèrent sans bruit le long de ses joues en réponse à la mélodie poignante. Peu après, il s’était endormi plus profondément que jamais. Au milieu de la nuit, il s’était éveillé en sursaut et avait mis du temps à se souvenir où il était. Sa première intention avait été de s’en aller, mais la vue de la pile de draps et la fatigue le convainquirent de finir sa nuit dans cet appartement inconnu. Il s’était définitivement réveillé vers 6h du matin et était parti sans réveiller son hôte, emportant avec lui son colis, la carte de visite posée à son intention et l’air de Rylynn qui s’était gravé dans ses mains et son cerveau prodigieux.


« Quel connard, ce type… C’était pas n’importe qui. »

L’Humain sortit la carte de sa poche. Il n’avait jamais fait appel à Absinthe. Il avait peur de le revoir, peur de voir sa carapace se casser encore une fois. Il n’était pas encore habitué à tout ça, les gens, l’affection, la sociabilité, le partage, l’empathie, la communication… Il ne se complaisait que dans l’arrogance et la méchanceté, l’enfermement sur soi et l’ironie blessante. Mais ce soir, avec son manteau de dépression qui le dégoûtait de tout, il se sentit le besoin de sortir, de voir du monde, d’écouter de la musique et de verser quelques larmes discrètes.

Il se leva, enfila un manteau, prit un gâteau qu’il avait cuisiné par désoeuvrement ainsi qu’une bouteille de vin et sortit dans les rues d’Animalia Kingdom. Le soir tombait, les rues étaient presque désertes. Il retrouva sans peine le chemin pour aller chez la panthère, grimpa une nouvelle fois les dix étages, mais cette fois-ci sans courir. Il avait agi sur un coup de tête, il lui fallait trouver une raison pour une visite aussi tard le soir. Un remerciement de son hospitalité ? Ouais, ça se tenait… Peut-être. On verra bien !

Personne ne répondit quand Elliott frappa à la porte. Il attendit un peu, réessaya, sonna même, mais il semblait évident que le félin s’était absenté. Le jeune homme poussa un soupir et s’assit sur les marches. Il pouvait laisser le cake et le pinard sur le paillasson avec un mot, certes, puis se rendre à la fête, trouver un Hybride mignon et en faire son aventure d’une nuit, histoire de tirer un coup et d’oublier ses problèmes. Ouais, il allait aller à la fête.

La fête.

La musique.


« On pari que le minou et son groupe jouent à la ch’tite fête de la clairière ce soir, Elliott Shanahan ? »

L’Humain dévala les marches et sortit dans la rue en trombe, cherchant à repérer la direction de la forêt. Si jamais il croisait un de ses « amis », il ne se le pardonnerait jamais, car alors ça voudrait dire que sa présence était une faiblesse, qu’il avait cédé. Et Elliott Shanahan ne cédait (presque) jamais. Il était trop fier pour cela. Mais bon, il trouverait bien une excuse quelconque à inventer, nan ? Il n’avait qu’à rouler une pelle au premier de ses potes qui se montrerait et le lendemain, il ferait passer ça pour une folie passagère, point à la ligne. Ah, si seulement il y avait des Hybrides de sexe féminin, il pourrait un peu diversifier son menu, de temps en temps…

La forêt, d’ordinaire si calme, résonnait de voix et de musique. De violents flashs lumineux apparaissaient derrière les arbres, marquant si fort les ombres qu’on les aurait dites peintes à la peinture noire sur le sol. La musique semblait au début supportable mais il semblerait que les arbres et la mousse agissaient comme des isolants puisque dans la clairière, on ne s’entendait même plus penser. Elliott posa son chargement au petit bonheur la chance et s’éloigne vite de la piste de danse, se dirigeant vers la scène. Il n’y avait pour le moment qu’un DJ, mais l’œil exercé de l’humain repéra vite la haute stature et la crinière noire d’Absinthe. La panthère était entourée de quelques mecs hétéroclites qui pourtant agissaient comme une véritable meute centrée (semblait-il) autour d’un nain belliqueux.

Elliott s’isola un instant dans un recoin d’ombre, sirotant un verre empli d’alcool indéterminé en attendant son heure. Le félin allait-il le reconnaître ? Il estimait que oui ; mêmes cheveux aux reflets métalliques, même fringues d’ado en crise, même sale caractère… Quand enfin Ab’ se retrouva un peu seul, le rouquin était un peu gris et sa mauvaise humeur l’avait rattrapé. Il s’approchas de l’Hybride et lui tapa sur l’épaule :


« Yo, mister Shanazar. Tu me remets ? »
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MessageSujet: Re: The forest is breathing along with us tonight... [Absinthe (et Ethan ?)]   Jeu 29 Sep 2011 - 14:00

SALOPERIE D'OURS DÉBILE ! DOYLE, RETOURNE DANS TA GROTTE SI TU SAIS MÊME PAS TAPER EN RYTHME !
Hey, Gin', c'est toi qui va trop vite, Moucheron. Moi j'suis dans la cadence.
Seymour... On boit un pot pendant que ces deux là règlent leur histoire de cœur ?
Okay.
J'VAIS PAS T'APPRENDRE À JOUER BORDEL. C'PAS COMPLIQUÉ ! SI ? NOUNOURS AVOIR DU MAL COMPRNEDRE MOI ? BOUC REDIRE POUR OURS ARRIÉRÉ ALORS ! SOIS-EN-RYTHME !
Hey, le bouc nain ! Tu peux gueuler tout ce que tu veux, ça ne m'empêchera pas de dire que c'est toi qui accélère. Point.

À l'Arche, l'ambiance est animée. Normal, le mini-bouc est dans le coin. Y a personne à part le noyau dur de la bande, et pourtant ce nabot gueule tellement qu'on a l'impression que c'est tout un troupeau qui est venu squatter. Ginger, le mec aux Milles voix. Tout le monde l'appelle comme ça parce qu'il peut gueuler comme une veau, avoir une voix délicate la seconde d'après.. Bref, la changer à sa guise. Il n'en donne pas l'impression parce que le p'tit gus fait environ un mètre cinquante et qu'il a une gueule d'ange, mais vaut mieux ne pas s'y fier. Dans le genre canon mignon, il a la totale : les bouclettes tendres qui encadrent un visage délicat, une physionomie svelte et dynamique, des yeux magiques et une bouche sensuelle... Le seul problème, c'est qu'il n'en sort pas vraiment des mots d'amours. Le demi portion, c'est une apparence angélique pour un caractère que les caîd du secteur ouest eux même craignent. Emporté, violent, impulsif, brut de décoffrage. Heureusement qu'il n'est pas plus grand, la population serait presque en danger sinon. Il n'est pas rare de voir une confrontation avec lui se terminer sur un coup de boule radicale et une avalanche de coups de sabot de de poing hargneux. Pourtant, c'est un ami fiable et on bon compagnon, du moment qu'on ne s'offusque pas de ses poings rageurs à la moindre plaisanterie sur son compte (ou à la moindre contrariété tout court).

En général, c'est Doyle qui s'occupe de lui. David contre Goliath, l'ours est aussi massif que Gin' est nimbus. C'est même l'exacte opposé du nain. D'où l'équilibre et la forte relation entre les deux. Bon vivant et joyeusement bourru, il offre contre les chieurs un rire à vous rendre sourd, et une agressivité inexistante la plupart du temps. Vous le faites chier ? Il rigole. Vous le stalkez ? Il rigole. Vous le taper ? Il encaisse et rigole encore. À la longue, c'est très frustrant pour les autres. Mais ô combien pratique pour gérer le moustique violent. Mat de peau, Brun de tif, et noir des yeux. Fringué comme ça lui vient, c'est le plus sociable du groupe avec Seymour. Absinthe, tout comme le bouc, passe pour un caractère plus sauvage. Du coup, ce sont Doyle et la girafe qui s'occupent de tout ce qui est communication et relationnel du groupe.. L'armoire à glace pour parler, et Seymour pour vérifier que ça tient la route. Y a pas plus pragmatique que la grande gigue. À croire qu'avec sa taille, il a du recul sur tout et que derrière son visage efflanqué se cache une calculatrice et une encyclopédie. Jor, pour lui, la vie est un livre. On la vit, on en profite, mais faut pas oublier de garder la tête hors de l'eau et de gamberger. Sey, il taquine, il se marre, il est à la cool. Mais si tu te plantes, il te le dira franco, n'en démordra pas, et te stalkera des mois à ce sujet s'il le faut, jusqu'à ce que tu admettes ton erreur. La douche froide quoi. Mais c'est bien pratique, 'faut admettre.

Bref, c'est le noyau dur d'ami de la panthère, les frères avec qui il a fondé un groupe. Les principaux, quoi. Gin', évidemment, c'est le chanteur. Voix modulable + belle gueule = Efficacité sur scène. Doyle s'occupe de la batterie et donne le rythme. Abs' est le principale guitariste, et Seymour c'est le joker, qui complète le groupe avec son savoir multifonction. Synthé, gratte, tambourin... Y a pas d'lézard ! Sauf que là, la girafe et le fauve en ont marre tous les deux. Il est près de onze heure, cela fait près de trois heures que les Fruits Loop Soup répètent, et ça marchait bien... Jusqu'à UNE chanson. Sur laquelle ils bloque depuis presque une heure. Shit ! Même Doyle, ça commence à l'agacer. Ginger est speed, et cette song trop douce à son goût, 'faut croire. Avec un soupir, la girafe et le fauve s'éloignent pendant que le batteur s'occupe une fois encore du nain. On voulait la mettre au programme de ce soir, mais je doute que l'on soit prêt. Autant se calmer et la bosser plus tard. 'Faut qu'on avance pour le concert. Surtout qu'il est bientôt.


Pff, on n'est pas sérieux. Deux semaines sans répet', tu m'étonnes qu'on en chie des bulles carrées !
Rooh, ça va. Techniquement, on ne devrait pas avoir de problème, nous n'avons pas eu le temps d'oublier nos chansons. Le problème vient surtout du fait que Gin est de mauvais poil et qu'on n'a pas décidé si au final on en faisait une chanson rapide ou pas, de celle-là.
HOOOY LES TIRE AU FLANC ! RAM'NEZ VOS MIGNONNES TITES FESSES ON R'PREND !
Ouais ouais..... On arrive.

… 'Faudrait vraiment qu'il prenne un calmant, des fois.

Et allez, c'est r'parti ! Cahin-caha, l'entrainement musicale continue et la petite troupe passe le cap difficile. Pas de pause avant 15h, lorsqu'ils ont enfin parfaitement chaque note pour le soir. Épuisés et affamé, tout le monde se jette sur la bouffe que Doyle sort du frigo triomphalement. Et une fois le repas engloutit et la sieste faites, le monde a changé de visage. Oubléi les tensions du matin, le stress et la pression qui montent, le monde et les projecteurs de ce soir. Tout le monde il est beau, et chacun se sent bien. Peu à peu, d'autres arrivent, parlent du concert du soir, encouragent, donnent des tapes dans le dos... Et redonnent une bouffée de stress, supportable mais présente. Même pour des gars qui ne se prennent pas la tête, une représentation, c'est important. Parce qu'ils veulent bien faire les choses, parce qu'il y aura du monde à cette satanée teuf, parce qu'enfin c'est leur honneur de musiciens qui est en jeu, les mâles prennent ça au sérieux. À 18h, direction la clairière pour installer leur bordel. Ce qui, en soit, ne prend pas super longtemps puisqu'une bonne partie est déjà mise en place à leur arrivée.

Officiellement, celle-ci ne commence qu'aux environs de 20h. Un DJ gère le début de soirée, et leur groupe prendra place vers les coups de 22h pour deux bonnes heures de rock. Après, ce sera de nouveau du poum-poum de discothèque pour tous les p'tits jeunes qui voudront se trémousser et emballer. Ça, c'est le programme de base. Mais en fait, les gens arrivent bien plus avant l'heure prévue. Certes, la nuit tombe tôt. Certes, il fait noir en début de soirée. Mais quand même. Une demi heure avant l'ouverture de la soirée, il y a déjà assez de monde pour contraindre le DJ à commencer. Le groupe se pose dans un coin de la scène, une fois le bordel prêt pour leur show. Le temps de grailler un bout et de se poser. Pas question de se mêler à la foule, pas avant d'avoir joué. Une fois qu'ils auront finit le concert, no problem. Après avoir discuté question technique et réglage avec les autres, le fauve s'écarte une peu de la bande. Gin' est décidément trop survolté aujourd'hui. Autour de lui, la musique est forte, trop forte. Il a le sentiment d'être dans une boite de nuit version Nature, et c'est tout à fait ça. Rien ne manque au tableau : l'obscurité, les flash lumineux à devenir épileptique, le bruit assourdissant, les pignoufs qui se trémoussent et les piliers de comptoir agglutinés à la buvette. Malgré tout, la présence de la forêt rend le tout plus supportable. S'il le veut, le fauve sait pourvoir s'éloigner un moment au calme, aucun mur ni ticket d'entrée ne le gênera pour revenir ensuite. Et ça, c'est la suprême liberté.

Saisissant un coca au passage, le coursier s'éloigna pour fumer une clope tranquille. Pas d'alcool avant le concert, jamais. Il prend la musique à cœur. Si le groupe n'était à l'origine qu'un délire en fin de soirée, ils ont maintenant la volonté d'être carré sur le projet. Depuis deux ans qu'ils se donnent sur scène ça et là, les Fruit Loop Soup ont même quelques fans, même s'ils n'ont jamais sortis de disques et n'en ont absolument pas la volonté. Franchement, une pochette de disque dont le groupe s'appelle « Tourbillon de salade de fruit », vous y croyez ? La petite bande s'était même demandé à moment s'il ne fallait pas changé de nom de groupe. Et à chaque fois, la même réponse avait finalement tranché : « on garde pour le moment, on verra plus tard ».

Soudain, une tape sur l'épaule du fauve l'averti que quelqu'un voulait communiquer. Se retournant avec un regard interrogateur et la clope au bec, il mit quelques secondes à restituer le gamin face à lui. Le bruit lui donnait quelques difficultés pour comprendre ce que celui-ci lui avait dit, et les lumières intermittente se liguaient pour l'empêcher de le reconnaître. Nyctalope, oui. Mais il faut malgré tout s'adapter au changement violent de luminosité. Un jeune. Rouquin. Elliott ? Avec un sourire, la panthère accueille le jeunot. Wow, ça fait un bail ! D'un signe de tête, Abs' propose de s'éloigner un peu de l'ambiance survolté pour pouvoir parler plus facilement. À une trentaine de mètres de la scène, c'est déjà nettement mieux pour comprendre ce que l'autre vous dit ! C'est une bonne surprise de trouver Elliott ici, même s'il ne l'imaginait pas affectionner ce genre d'évènement. Tiens, il sent l'alcool. C'est pas un peu fort, pour lui ? Ce n'est qu'avec un temps de retard que le félin se rappelle que son vis-à-vis est d'un an son ainé.


Comment va Elliott ? Apparemment, tu ne t'es pas paumé l'autre matin en r'partant ?

C'était sans étonnement qu'il avait trouvé l'appartement vide à son réveil. Le colis, la carte de visite et le môme avaient disparus. La pile de draps rangée mais posé à un autre endroit indiquait que le visiteur avait séjournée le reste de la nuit ici avant de repartir à l'anglaise, sans un mot. Bah, pas de quoi se formaliser...

(Pas eu le temps de me relire dsl. Je le ferais plus tard)
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Elliott Shanahan
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MessageSujet: Re: The forest is breathing along with us tonight... [Absinthe (et Ethan ?)]   Sam 8 Oct 2011 - 23:12

Saloperie de techno. Elliott détestait ce genre de musique qui bousillait l'audition... Et, comme si ça ne suffisait pas, ça lui donnait l'air débile quand il parlait, vu que son interlocuteur (en l'occurrence, Absinthe) ne pigeait rien. Conscient d'avoir noyé son esquisse de salutations dans les ondes sonores ambiantes, il se renfrogna encore plus. Il haïssait se rendre ridicule à ce point, détestait se répéter encore et encore parce que la personne à qui il daignait parler avait des problèmes d’audition… Et n’aimait pas du tout hurler parce que des idiots d’Hybrides en manque de divertissements mettaient de la musique de sauvage à fond. Il faillit se sentir mal et sa main se crispa sur son verre tandis que les basses lancinantes bloquaient ses réflexions. Aussi se rasséréna-t-il et fit l'effort d'un pâle sourire quand la panthère lui fit signe de se diriger vers un coin plus tranquille, à une trentaine de mètres du DJ ; Elliott tenta d'évaluer la distance exacte mais l'alcool et la musique lui embrouillaient les sens.

Apparemment, le félin aussi supportait mal l’ambiance saturée de musique et de couleurs. Rien de plus normal, en fait, puisque ses sens étaient surdéveloppés. Même son manque d’empathie n’empêcha pas au rouquin d’imaginer la douleur provoquée par des faisceaux de cette intensité rencontrant des yeux nyctalopes, conçus pour capter le plus de rayons lumineux possibles. Elliott suivit tranquillement la panthère, appréciant agréablement la diminution du bruit, absorbé semblait-il par la mousse et les arbres. Ils parvinrent vite à un coin ombragé et tranquille, pas trop près et pas trop loin, histoire que les mecs ne s’imaginent pas des trucs. Si jamais un des amis de l’Humain ou un des potes d’Absinthe les repéraient plus à l’écart, ils s’imagineraient quelque chose. Là, dans ce petit refuge plein d’ombres apaisantes, Elliott se détendit et avala une gorgée de son verre, notant rapidement au passage qu'Ab' avait un coca, alors que lui en était déjà au punch bleu fluorescent qui avait, d'ailleurs, assez bon goût.


« -Comment va Elliott ? Apparemment, tu ne t'es pas paumé l'autre matin en r'partant ?
-Je vais très mal, merci... Et j'ai effectivement rejoint ma piaule sans problèmes... Je suis très heureux de te voir ici. »

Parce que je me sentais mal et qu'en repensant à Rylynn, j’ai ressenti l’inhabituel besoin que tu me rejoues un morceau qui me fera pleurer et dormir de tout mon saoul, aboutissant à un réveil serin où tous mes problèmes auront disparus et que ma joie de vivre refasse son apparition. Voilà la fin de la tirade. Car l’Humain se sentait vraiment très mal en ce moment… Et une cicatrice le long de son bras gauche lui rappelait les sombres extrémités où il s’était réfugié en période de déprime extrême. Il ne voulait plus ressentir la morsure du couteau dans sa chair comme expiatoire de sa douleur. Alors, pourquoi des derniers mots restèrent bloqués dans sa gorge ? Parce que, comme à son habitude, il masqua ce morceau de phrase qui révélait une faiblesse sentimentale chez lui et la remplaça par un très scientifique :

« J'avais statistiquement évalué que je te trouverais ici et je voulais en être sûr... D'où ma présence à cette.... Perte de temps que vous autres appelez fêtes. »

Bon, il n'était pas dupe et il savait qu'Absinthe ne l'était plus non plus à son sujet ; il avait plus ou moins brisé sa coquille à leur première rencontre et se doutait bien que la panthère savait à présent discerner le vrai dans ses reformulations. C'était l'une des seules personnes au monde (et la seule sur Animalia Kingdom) à avoir ce talent caché. C'était une très bonne raison pour l'éliminer, pensa ironiquement l'Humain, sans trop d'arrière-pensées. Il était d’humeur et d’humour noir, ce soir. L’épais nuage d’orage continuait à s’accrocher à lui .

Le punch ne devait pas être très clean car il lui monta très vite à la tête, et sans être totalement ivre, il se sentait un peu gris. Le problème... C'est que l'alcool, quand il était de mauvaise humeur, ne faisait que le faire déprimer encore plus. Il se sentit très amer en voyant la panthère, sauvage et magnétique, avec son groupe d'amis, sa pose décontractée, son sex-appeal suintant. Encore un qui avait eu une enfance dorée, pensait-il. Bon sang, il était si jaloux qu'il en avait mal au ventre, à moins que ce ne soit la faim...


« J'ai la dalle... 'Tain, j'ai pas envie de retourner là-bas, y a trop de bruit, on s'entend pas réfléchir... »

Elliott poussa un long soupir et s'adossa à un arbre, laissant tomber son verre au sol. Il en voulait plus, de cette merde bleue. Le regard vert d'Absinthe scintilla le moment d'un flash lumineux et l'Humain grimaça légèrement : il y avait trop de couleurs vives ici, trop de bruit aussi, trop d'odeurs animales et trop de parfums volatiles d'alcool. Il n'aurait jamais du…

« J'aurais jamais du venir... Pffff, j'aimerais bien rentrer et me faire un poulet rôti. Absinthe, toi qui connais l'intérêt de ces trucs sociaux, tu me conseilles quoi ? Je reste vous écouter ou je rentre dans ma sombre et froide demeure ? »

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Absinthe Shanazar
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MessageSujet: Re: The forest is breathing along with us tonight... [Absinthe (et Ethan ?)]   Jeu 3 Nov 2011 - 13:56

Sirotant son coca, la panthère observe Elliott. Médor est toujours aussi accueillant, y a pas à dire. « Je vais très mal merci » Ça sonne un peu comme une réponse pré-fabriquée, un truc à sortir au bon moment pour faire sensation et se donner le genre qu'on veut. L'humour acide lui colle à la peau décidément. Pourtant, une note de sincérité se fait entendre lorsque le rouquin prononce la dernière phrase. Le fauve hausse un sourcil dans la pénombre, mais ne dit rien. D'ailleurs, il ne relève même pas non plus l'excuse bidon que le toutou lui sert. Libre aux autres de se concentrer sur les leurres que le môme balance à tout va pour embrouiller les pistes, Absinthe sait ce qu'il a entendu. Et quelque part, ça lui fait plaisir. Le p'tit génie, il s'en souvient bien. Des caractères comme ça, ça lui plait et ça le marque. Mais il est bien placé pour savoir qu'ouvrir une brèche vers les autres n'est pas forcément le plus évident. Que le gamin lâche quelques miettes de vérité, ça lui fait plaisir. Le fauve ne sait pas en quel honneur c'est, mais il prend acte.

Quand le rouquin se plaint à propos de son estomac vide, le coursier sourit. Retour aux sources ? Et puis, le jeune garçon n'a pas tort : c'est vrai que c'est assez oppressant là bas, avec toutes les lumières qui clignotent et le vacarme qui se veut musical. Encore un truc de la société qui lui échappe. Si ça se trouve, c'est ce genre de truc qui rend con, lorsqu'on en abuse. 'Faudra qu'il demande à Elliott si la science à prouvé qu'abuser des boites de nuit et trucs du genre détruisaient les neurones et esquintaient le cerveau... Le brun n'en serait même pas surpris, au fond. Que le p'tit gars ait la réponse, et que ça soit le cas. D'ailleurs, le dit « p'tit gars » ne semble pas dans ses basket. Pouf ! Le verre finit à terre et la mousse s'abreuve d'alcool chimique. Lorsque Ab' relève la tête, le masseur en herbe est contre un arbre et tire une drôle de tronche. Jor, sale grimace blasée crevée énervée. Décidément, on dirait que la mauvaise humeur lui dégouline dessus et le plombe pour de bon.


- Reste dans le coin, si tu préfères. T'as du peuple dans le secteur, mais personne dans les pattes.

Le fauve regarde son portable, et l'écran digital fluo lui indique que dans une demi heure / trois quart d'heure, il sera sur scène. Bon. L'espace d'un instant, l'idée de ramener un bout à grailler à Elliott effleure son esprit. Après tout, en tant que groupe de musique, on les nourrissait à l'œil. Et largement. En plus, manger un bout ne lui ferait pas de mal, après ce qu'il semble avoir bu. Mais voilà, c'ets peut être salaud, mais le fauve n'est pas nounou. Pour un ami, eukay. Mais ce gars, il ne le connait pas. Qui dit que pendant qu'en bon samaritain le guitariste va lui chercher le canigou, l'autre va se barrer ? Il l'a dit lui même, non ? Être dans le secteur le gave... Alors quoi , Pourquoi il est venu ? Avec un soupir, vaguement exaspéré tant par lui même qu'à cause de jeunot plus vieux que lui, le grand brun scrute la source de la musique. Mouais. Un pas, deux pas.... On s'arrête là.

Wait, what ? Il lui demande son avis maintenant ? Le fauve ne pige pas, ne veut pas n'a pas la tête à ça. Bientôt, il sera sur scène. Bientôt, il devra être tout entier à sa prestation. Pas le temps de penser à ce rouquin, de se prendre le chou à son sujet. Il est grand, il peut se débrouiller seul, non ? Médor avoir besoin de directives ? Oh, écrase... T'es de mauvaise foi, et tu le sais. La panthère finit son verre et se tourne vers le môme.


- Viens avec moi s'tu veux. Ça ne vaudra pas ton poulet rôti fait maison, mais j'dois pouvoir te trouver du canigou dans le coin. Et mon intérêt dans ces trucs sociaux est plutôt limité, si tu veux savoir. J'y vais pas pour la fête, mais juste pour jouer. Devenir sourd et aveugle, et me faire compresser par la foule, c'pas mon truc.

Observant maintenant son vis-à-vis, Absinthe s'approche finalement de celui-ci. Il n'a pas l'air en super forme, et le fauve se demande ce qu'il a bu pour se mettre dans cet état. À moins que de base il n'ai pas la forme ? Possible. Allez savoir. Tché, le rouquin ne ressemble vraiment pas à un clébard. Le félin a envie de le secouer, de faire partir ce miasme déprimant qui plane autour du môme, de le faire réagir. Le voir comme ça, encore plus acide que d'habitude, mais avec en plus une pointe de déprime... Pfeuh, pas cool. Où est passé le teigneux, celui qu'il avait eu envie de faire voler dans l'escalier ? Celui qui râle parce qu'on lui demande conseil en math ? Même sa hargne habituelle contre la société et tout le reste n'a pas l'air super virulente. Wake up, man ! Et puis, lui vient l'idée que peut être, finalement, le môme a vraiment envie de le voir. De passer le temps en enlevant un peu de cette solitude qui lui colle probablement à la peau. Sauf que voilà, penser ça de quelqu'un qu'on a vu qu'une fois et qui joue les caïd cynique... C'est pas un peu rapide, comme façon de tirer ses conclusions ?

- De toute façon, la réponse est déjà dans ta question non ? Ta sombre et froide demeure, t'as pas l'air super motivé à l'idée de la retrouver. Reste un moment, si ça te gave tu rentres chez toi Et sinon, bah... On boit un pot après le concert ?

Absinthe tente une approche plus cool, fait un sourire. A déjà reculé d'un pas pour indiquer qu'il est prêt à y aller. C'est une invit' comme une autre, et il s'attend à moitié à ce qu'on l'envoie bouler. Et une fois que ça sera fait, il pourra hausser des épaules et râler un peu sur les caractères fermés asociaux. Par contre, s'il accepte, les autres vont tirer une drôle de tronche en le voyant ramener quelqu'un. Et s'imaginer des trucs, peut être. La dernière fois, lorsqu'il avait ramené Fane, les gars l'avaient un peu charriés après coup mais ça allait : tout le monde sait que le fauve ne se tape pas les mineurs. Là, même si Elliott fait jeune et qu'il faut être super doué pour deviner son age, le brun sait que ses amis le taquineront quand même un peu plus. En lui même, il s'en fout et les laissera parler. Mais si possible, Ab' aimerait éviter leurs blagues à deux balles devant le roux. On ne sait pas comment lui pourrait le prendre. Ceci dit, vu les chances qu'il a d'accepter surtout dans son état.... J'crois que j'suis tranquille, il refusera. Bah, c'est la vie. Il le recroisera surement à d'autres occasion, ce gars d'un an son ainé qui n'en a pas l'air.... Et puis, il a sa carte alors qui sait ? Peut être aura-t-il besoin de ses services un jour ?

- Bon alors, tu fais quoi ?
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Elliott Shanahan
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MessageSujet: Re: The forest is breathing along with us tonight... [Absinthe (et Ethan ?)]   Sam 5 Nov 2011 - 20:16

Ça n’allait pas, mais pas du tout. Il se laissait aller, il laissait sa vraie nature pointer le bout de son nez, ça n’allait pas du tout ! Depuis quand Elliott Shanahan se laissait-il aller à une vague sympathie, depuis quand sentait-on dans sa voix des accents de sincérité, depuis quand demandait-il l’avis de quelqu’un ? Depuis quand avait-il ENVIE de voir quelqu’un, d’ailleurs ? Il grimaça fortement et se laissa glisser jusqu’au sol. Il était déprimé et avait trop bu, le résultat en était catastrophique. Non, tout était catastrophique depuis que son paquet avait été livré à la mauvaise personne, qu’il avait rendue visite à ladite personne et que la soirée s’était bien passée. Oui, il n’avait pas passé de si bonne soirée depuis… Il n’avait jamais passé d’aussi bonne soirée. C’était la première fois dans toute sa vie qu’il avait plaisir à manger en compagnie d’un être (en partie) humain, qu’il pleurait quelques larmes à cause d’une musique et qu’il passait une si bonne nuit sur un bête canapé. Il y avait du relâchement et ça ne pouvait pas continuer ainsi.

« Manquerait plus que je tombe amoureux pour parachever cette histoire merdique. » grinça mentalement le roux.

Amoureux, il ne l’était pas. Son affinité vis-à-vis d’Absinthe était plus… Étrange ? Comme quelqu’un qui devenait ami avec le genre de personne qu’il déteste. Comme quelqu’un qui faisait alliance avec l’ennemi. Comme quelqu’un qui décidait de rester aux côtés de celui qui causerait sa perte. C’était l’admiration envers le danger, une émotion suicidaire. Et il se devait absolument de rayer ce danger de sa vie. Protéger la coquille qu’il avait créée. Ne plus revoir Ab, s’était se défendre contre tous ces sentiments humains qu’il avait patiemment mis sous clef.

« Viens avec moi s'tu veux. Ça ne vaudra pas ton poulet rôti fait maison, mais j'dois pouvoir te trouver du canigou dans le coin. Et mon intérêt dans ces trucs sociaux est plutôt limité, si tu veux savoir. J'y vais pas pour la fête, mais juste pour jouer. Devenir sourd et aveugle, et me faire compresser par la foule, c'pas mon truc. De toute façon, la réponse est déjà dans ta question non ? Ta sombre et froide demeure, t'as pas l'air super motivé à l'idée de la retrouver. Reste un moment, si ça te gave tu rentres chez toi Et sinon, bah... On boit un pot après le concert ? »

Elliott relèva la tête et se passa la main sur les yeux. Il avait du mal à assimiler. Et puis il compris et s’énerva. Merde quoi, il n’a pas besoin d’une Super-Nanny, il peut aller se chercher à bouffer tout seul, il n’a pas envie de cette putain de compassion, le pire de tous les sentiments. Pouah. Un truc bien mièvre qui dégouline de mauvaise foi, la compassion. Ça et la pitié, il peut pas les blairer. Il se lèva en grinçant des dents et épousseta vaguement son jean avant de shooter violemment dans son gobelet en carton qui continuait à rependre son punch azur par terre. Le malheureux verre passa à quelques centimètres de la jambe du fauve qui n’avait pas bougé, attendant de voir ce qui allait se passer. Ah, il voulait du spectacle, l’Aristochat ? Il allait en avoir, c’était à lui de passer sur scène. Mais Elliott ne ferait pas parti de casting.

« Laisse tomber. Je me casse. »

Il enfonça ses mains dans ses poches et s’éloigna d’un pas rapide de son abri d’ombres, plantant là un Absinthe qui devait se douter de l’issue de la discussion. L’aura menaçante que dégageait l’Humain suffit à ménager un chemin parmi les groupes de danseurs puant la sueur et les poussées hormonales. Il sourit en coin, heureux de plomber l’ambiance en attendant que le groupe du minou fasse joujou avec leurs instruments. Il emmerdait la vie sociale et les divertissements communs des gens sans intérêt et retournait à sa vie de chercheur scientifique. Franchement, qu’est-ce qui lui avait prit ? Il n’est entouré que d’expériences à étudier, de chimères nées en éprouvettes, d’erreurs biologiques. Il est un Dieu dans cette ville, et cette pensée l’accompagna jusqu’à l’orée de la forêt.

Il n’alla pas plus loin. Quelques accords gagnèrent ses oreilles, une musique qu’il ne connaissait pas mais qui l’électrocuta brutalement. Comme un éclair qui transpercerait son crâne et enfoncerait ses pieds dans le sol. Ça lui fit mal, ça le paralysa et ça le chamboula. Pas de doute, cette musique là, elle était de la même famille que Rylynn ; la famille des Fruit Loop Soup. Le nom le plus débile qu’Elliott ai entendu de sa vie, d’ailleurs. Il avait une grosse boule dans la gorge et très mal au ventre, la peau hérissée de chair de poule par le froid et la musique. Ah non, non, NON ! Il n’allait pas céder cette fois ! Il se plaqua les mains sur les oreilles, technique mondialement connue pour son inefficacité. La musique était son pire ennemi, une des rares choses qui faisaient vibrer sa corde sensible.

Il poussa un très long soupir mêlé de grommellements exaspérés et rebroussa chemin, enfonçant ses mains inutiles dans les poches de son blouson. Il resta à couvert des arbres et grimpa s’asseoir dans une branche basse, se pencha en avant et posa sa tête dans ses bras croisés. Ça ne servait pas à grand’ chose de lutter contre de la si belle musique. Bien que certains morceaux n’étaient pas exceptionnels, l’ensemble était suffisamment beau pour convaincre à Elliott de rester. Il se laissa emporter par la musique, la guitare d’Absinthe, la voix merveilleuse du bouc, les instruments des autres qu’il ne connaît pas. Ses yeux brillent dans le noir, reflétant les lumières polychromes qui s’étaient calmées.

Son nuage noir avait disparu quand le groupe descendit de la scène. Elliott suivit le mouvement et se laisse tomber de sa branche, en plein dans une flaque de lumière. Il laissa échapper un long soupir qui charriait les derniers vestiges de la dépression et d’une haleine alcoolisée. L’Humain renifla et grimaça, et sortit un chewing-gum à ma menthe de sa poche qu’il mastiqua longuement pour retrouver un souffle à peu près respirable. Une fois le goût parti, il cracha la gomme au petit bonheur la chance et se dirigea vers la scène. Ab’ papotait gaiement avec ses amis, tous essoufflés et heureux d’avoir réussi leur coup.

Le roux attrapa un des bras de la panthère et esquissa un énorme sourire :


« Tu fais les présentations ? »

Oui, parce que même de bonne humeur, Elliott était un vrai salopard qui aimait plonger les autres dans des situations gênantes. On ne se refait pas.
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Absinthe Shanazar
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MessageSujet: Re: The forest is breathing along with us tonight... [Absinthe (et Ethan ?)]   Lun 9 Jan 2012 - 15:42

Elliott était de mauvais poil, encore plus grinçant que d'habitude. Si tant est que cette expression puisse être utilisée : Absinthe ne l'a vu que pendant une soirée, après tout. Mais bizarrement, le matou avait l'impression de le connaître. Peut être parce qu'ils se ressemblaient sur certains points ? Malgré le fait que le rouquin ai un an de plus que lui, la panthère avait le sentiment d'avoir face à lui un ado en plein crise. Le genre de spécimen acide qu'on ne sait pas comment aborder. Le type même de gars qui prendra tout mal, quoi qu'on fasse, quoi qu'on dise. Le stéréotype du masque acide pour pas se faire atteindre. … Wowowoww, mec. Là, Ab', c'est toi mon gars qui déconne. Depuis quand je fais de la psychologie de trottoir, moi? C'est ça, le chat. Fais ce que tu connais le mieux : lâcher prise.

Elliott quand à lui fait son caca nerveux : avec hargne, le gnome roux avait shooté dans le gobelet avant de partir en bon aigri de service. Pour peu, Absinthe en aurait rigolé : qui croit-il punir en se cloitrant dans son coin ? Certainement pas lui. Certes il aime bien ce p'tit toutou (décidément, il ne peut pas être un chien, ça ne lui colle pas à la peau...), mais c'est pas pour autant qu'il fera l'assistanat si l'autre n'en veut pas. Ils ne se connaissent pas assez pour ça, y a pas marqué « bonne poire » sur son front. Et de toute façon, c'est pas son genre de courser les gens qui l'envoient valser. 'Faut pas être con, non plus. En plus, les ondes négatives que le gamin émane sont franchement très déplaisantes. Avec un soupir presque exaspéré, Absinthe le regarde s'éloigner. Bordel, ce morveux m'a vraiment planté ! Allez rendre service...

Le fauve aurait pu rester là encore un petit moment, songeur. Parce que franchement, retourner dans ce coin bondé, bruyant et aveuglant, ça ne lui fait pas du tout envie. Vraiment pas. Des odeurs d'alcool et de je-sais-pas-quoi chimique émanent faiblement du verre déchu à ses pieds et montent jusqu'à lui. Pfeuh, ça pue ! Le félin fronce le nez avant de shooter dedans à son tour. Soudain, le téléphone sonne et le surprend. Bordel, quoi encore ? Il s'apprête à grogner en décrochant, mais pas le temps. Ginger est dans la place, et c'est le fauve qui se prend une gueulante en pleine tronche. Le temps de décortiquer les cris assourdis par le bruit ambiant, et Absinthe comprend qu'il est à la bourre. Merde merde merde. C'est tout juste s'il prononce un « j'arrive » au combiné avant de raccrocher aussi sec et de foncer jusqu'à la scène. Et il court, le félin, et il accélère encore. Bordel. Avec cette histoire, Elliott l'a ralenti. Non, 'faut que je sois honnête. Je me suis foutu dedans tout seul. Être sportif, c'est bien : on court vite, quand on a la forme. Être grand aussi : on peut bousculer sans trop de difficulté les pignoufs qui forcément ne trouvent rien de mieux que de gêner le passage. Pauv' taches !

C'est un peu essoufflé mais à l'heure que le fauve arrive dans les coulisses. Ses potes n'ont même pas le temps de l'engueuler : il a tout juste le temps de descendre une bouteille d'eau pour se remettre du sprint, de prendre sa gratte, et c'est à eux ! Si c'est pas de l'extrême, comme mise en condition ! Et s'il était vaguement pensif en arrivant, le grand brun oublie tout une fois que les premiers accords résonnent. Peu à peu, il se sent serein, comme à chaque fois qu'il s'adonne à la musique. Doucement, un sourire s'affiche alors qu'il se concentre sur les morceaux qui défilent. Absinthe se sent bien. À sa place. Sa meute, sa gratte, le fauve est droit dans ses bottes et n'a besoin de rien d'autre. Il pourrait jouer comme ça jusqu'au bout de la nuit, continuer à être en transe jusqu'à la fin du monde...

… Ou pas. Il faut bien l'admettre : à la fin du concert, il est essoufflé et crevé. Lorsque la dernière note résonne, le fauve se sent comme vidé et vaguement stone. Avec satisfaction, les Fruit Loop Soup se lèvent, saluent, sourient. Ce soir, ils ont bien joués et peuvent être fiers d'eux. Le public est satisfait lui aussi si on en croit les applaudissements. Mais pas de rappel ce soir. Déjà, le DJ attaque à son tour. Il n'y a pas de pause, il ne faut pas que la magie s'arrête. La nuit ne fait que commencer, et le son qui crève les baffles le rappelle avec énergie. Déjà, le staff s'occupe de ranger le matériel pendant que le groupe s'affale un peu en contrebas de la scène, essoufflé mais ravi. Oh bordel, ça y est, c'est fait ! Et bien fait ! Chacun rend hommage à l'autre, ça et là quelques tapes amicales félicitent et appuient ce que les sourires et les mots disent déjà.

Absinthe se sent bien, le monde tourne rond, et tout baigne. Rien ne peut entacher sa bonne humeur. Pas même ce bras qui vient saisir le sien et le capturer par surprise. Étonné, la panthère se rend compte qu'Elliott est de retour. Bin tiens, ça f'sait longtemps ! Le sourire qu'il s'apprête à esquisser devient un poil grinçant quand le jeune homme demande les présentations avec un sourire plus gros que sa tête. Oh bordel, les autres vont encore le charrier.... Et bien sûr, ça ne manque pas. Le premier à réagir est Ginger, évidemment. Avec un sifflement appréciateur, il accueille ce nouveau minois qui choppe le bras du guitariste avec des airs de propriétaire.


- Bah alors, Absinthe ! Encore une conquête ? Quel succès !

Absinthe ricane et s'apprête à répliquer, que déjà le reste fuse et ne lui laisse pas de répit.

- Avoue. C'est pour ce mignon là que tu t'es foutu en retard tout à l'heure ! Et bah je comprend mieux !
- Les gars, vos gueules, c'est pas ce que vous..
- Ouais ouais, tu dis ça à chaque fois ! Assume, mec.
- Remarque, c'est un modèle qui change de d'habitude ! Pas mal. Tu tapes dans le jeunot, maintenant ?
- AHAH, Absinthe Pédo !
- Ginger, ta gueule ! Je suis pas pédo il a un an de plus que moi ! Doyle, shut up, tu sais très bien que je ne touche pas aux mineurs !
- Donc tu te le tapes ? Tu confirmes ? C'est un bon coup ?
- PUTAIN LA FERME SEYMOUR !

Lassé, Absinthe abandonne. Il sait pertinemment que les autres vont continuer un moment puis se calmer. Bordel, quelle idée qu'Elliott lui choppe le bras comme ça, aussi ! Quoique, de toute façon, ils se seraient foutus de sa gueule. Les amants qui défilent dans le lit du fauve, c'est une sujet récurrent de raillerie pour eux. Et lui même se prend au jeu, parfois. Mais pas ce soir... Avec un soupir et un grondement, Absinthe fusille du regard ses amis. Just shut up, guys !

- Les mecs, je vous présente Elliott. Elliott, voici mes meilleurs potes. La grande asperge de girafe, c'est Seymour. L'ourson qui rigole encore -la ferme, sérieux- c'est Doyle. Et enfin le nain de jardin ultra minus qui gueule le plus fort, c'est Ginger.
- DE OÙ JE SUIS UN NAIN DE JARDIN ULTRA MINUS, CREVARD ? AZY J'VAIS T'FAIRE BOUFFER TES DENTS PAUV' TACHE DE MES DEUX ! CHATON GALEUX J'VAIS T'PULVÉRISER TE...

Avec un soupir (et totalement insensible aux cris de Ginger que déjà Doyle retient en rigolant de plus belle), Absinthe passe sa main libre dans la tignasse. Bon. Calme. C'est rien de pire que d'habitude. Résigné en voyant les sourires narquois collés aux lèvres d'à peu près tout le monde sauf de Ginger qui fulmine encore qu'on ait rappelé sa petite taille, le brun se tourne vers le rouquin qu'il fixe. Bon, okay. Il a réussi son coup. Good.

- Sérieux, 'fallait que tu le fasse, pas vrai ? Bon, j'suppose que ça veut au moins dire que t'es calmé. Vu que les autres me lâcheront pas à cause de toi avant un moment, tu viens boire un pot avec nous ? Ah, et tu libères mon bras ?

Au point où il en est maintenant, remarque... La panthère ricane malgré elle de la situation. Sale gosse, ça se paiera... Et puis il y a au moins un avantage à être ainsi agrippé au rouquin : Elliott tient chaud. Et oui, le chaton est frileux. Mais chut. 'Faut pas le dire.


HRP : code couleur
Doyle
Seymour
Ginger
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MessageSujet: Re: The forest is breathing along with us tonight... [Absinthe (et Ethan ?)]   Dim 29 Jan 2012 - 2:37

Désolé pour l'attente et la qualité médiocre de ce post...
____________________

La gloire est une plénitude qui dure, dit un jour un grand homme du nom d’Hubert Aquin. Là, en ce moment précis, Elliott ne niait pas. S’il avait de l’ADN félin, il ronronnerait d’un ronronnement machiavélique. Il goûtait à sa gloire comme on goûte à un vin de qualité, savourant le plus longtemps possible sa victoire, sentant rouler son inégalable parfum dans sa gorge, chauffer son ventre, baigner tout son être d’une délicieuse vanité, d’une supériorité qui, bien qu’éphémère, assouvissait son besoin quotidien de domination envers autrui, flattant sa personne et son intellect hors-du-commun. Certaines personnes ont besoin d’affection, d’autres de reconnaissance. Elliott avait besoin de ces deux choses-là dont il avait toujours été privé, mais changeait ça, camouflait ces fragilités en besoin de grandeur, d’assouvissement de l’ego. D’où sa réputation non volée de salopard narcissique. Il prenait un vrai pied à humilier les autres et à gagner. Il frissonna de froid et d’extase. Que la nuit était fraîche !

Sa mauvaise humeur envolée, le rouquin se retrouve comme un gamin, plein de joie de vivre et d’envie de faire chier le monde, à commencer par Absinthe, pauvre panthère n’ayant rien demandée à personne. Sadisme, direz-vous. Plaisir de fouler du pied ceux qui vous aident. En fait, non. C’est de l’affection. Exprimée d’une étrange manière, je vous l’accorde. Mais vous voyez Elliott remercier quelqu’un et lui avouer qu’il l’admire et l’adore ? Ses excuses ce fameux soir de leur rencontre étaient déjà un événement historique.

Comme il l’avait sciemment prévu en se basant sur la psychologie et l’éducation des membres du groupe de musique, les remarques fusèrent à feu nourri.


« - Bah alors, Absinthe ! Encore une conquête ? Quel succès !
- Avoue. C'est pour ce mignon là que tu t'es foutu en retard tout à l'heure ! Et bah je comprend mieux !
- Les gars, vos gueules, c'est pas ce que vous..
- Ouais ouais, tu dis ça à chaque fois ! Assume, mec.
- Remarque, c'est un modèle qui change de d'habitude ! Pas mal. Tu tapes dans le jeunot, maintenant ?
- AHAH, Absinthe Pédo !
- Ginger, ta gueule ! Je suis pas pédo il a un an de plus que moi ! Doyle, shut up, tu sais très bien que je ne touche pas aux mineurs !
- Donc tu te le tapes ? Tu confirmes ? C'est un bon coup ?
- PUTAIN LA FERME SEYMOUR ! »

Elliott ferme les yeux et se délecte de l’instant, raffermissant sa prise autour du bras d’Ab à la fois pour alimenter les ragots et se foutre (gentiment) de la gueule du guitariste. Quel instant jouissif pour l’Humain ! Non seulement il se sent maladivement flatté par l’adjectif « mignon » et « bon coup » (il sait qu’il est tout ça), il sent la détresse et l’énervement du félin. Il sait toutefois que ça ne s’éternisera pas. Face à Absinthe, il n’arrive pas à maintenir longtemps son hégémonie et se voit forcé d’ouvrir sa carapace. C’est nouveau et effrayant. Agréable aussi, mais il refuse de l’avouer.

« Les mecs, je vous présente Elliott. Elliott, voici mes meilleurs potes. La grande asperge de girafe, c'est Seymour. L'ourson qui rigole encore -la ferme, sérieux- c'est Doyle. Et enfin le nain de jardin ultra minus qui gueule le plus fort, c'est Ginger. »

Elliott salue en ignorant superbement l’ouragan court sur patte qui s’agite sur sa gauche. Écoutez ma volonté, vous misérables qui ne servirez jamais à rien. Il observe avec amusement le tableau formé par les quatre compères er ressent une pointe de jalousie vite étouffée au profit de l’esprit scientifique. Un carnivore, deux herbivores, un omnivore, ensemble. Trois animaux qui, dans la nature, ont peu de chances de se rencontrer, et qui s’entretueraient si c’était le cas. L’esprit humain étouffe-t-il à ce point l’instinct animal ? Les Hybrides seraient-ils alors autre chose que de simples expériences, plus que des objets ?

Seraient-ils des hommes au même titre que lui, Elliott ?


« Sérieux, 'fallait que tu le fasse, pas vrai ? Bon, j'suppose que ça veut au moins dire que t'es calmer. Vu que les autres me lâcheront pas à cause de toi avant un moment, tu viens boire un pot avec nous ? Ah, et tu libères mon bras ? »

Elliott papillote des yeux et quitte ses dérangeantes pensées. Il va pour lâcher le membre qu’il agrippe quand sa nature perverse reprend le dessus sur l’effet de surprise. Pause. Regard en biais vers les copains qui se détournent. Hum… Elliott se hisse sur la pointe des pieds et arrive ainsi plus ou moins à la hauteur de son cadet qui le dépasse bien trop à son goût. Attention les yeux : paupières mi-closes, cils qui ombrent un regard qu’on devine éperdu, frémissement des lèvres, murmure mélodramatique.

« Mais de quoi parles-tu ? Tu as une opinion si mauvaise de moi… Tu crois vraiment que je suis du genre à… À semer le doute et le trouble ? Absinthe… Je… Je croyais… Que tu m’aimais… »

Admirez cette cassure de la voix à la fin ! Du grand art. Mais inutile de le préciser : le sourire narquois qui termine cette réplique vibrante de romantisme shakespearien gâche tout. Quel dommage, seul Absinthe peut le voir ! Le hasard (et la nature calculatrice de l’Humain) font vraiment bien les choses. Voyant les épaules de Seymour, Doyle et du petit machin à sabot (Pepper ?) frémir de rires contenus, Elliott estime en avoir assez fait pour alimenter des ragots gênants durant quelques jours. Il libère le bras de la panthère et s’éloigne en gambadant avant de se retourner et de tirer puérilement la langue.

« Grouille-toi, minet, j’ai soif. »

Finalement, on le préfèrerais presque en asocial déprimé.

Presque.

Elliott franchit la limite de la zone VIP/Réservé aux artistes et tomba la veste, révélant sous son inséparable manteau une tenue qui allait ajouter du petit bois aux racontars des copains. Une bonne partie de la populace allait savoir qu’Absinthe Shanazar couchait avec un type plus jeune que lui qui s’habillait d’un marcel en résille sous un T-shirt noir déchiré arborant un smiley ivre piercing sur la langue et un jean savamment usé agrémenté de chaînes. Il sentit les regards surpris et appréciateurs sur lui, repassa rapidement sa tenue, s’observa à la dérobée dans un miroir qui traînait là. Le grand jeu. Il se sentit diablement sexy et son sourire s’allongea. Bon… Il en avait peut-être fait un peu trop, c’est vrai. Ça lui apprendra à ne pas regarder ce qu’il choisit le matin.

Quittant son reflet flatteur, il regarda un peu autour de lui, analysant d’un regard tout ce qu’il y avait à apprendre, puis se laissa tomber sur ce ressemblait à un pouf en très mauvais état mais absolument délicieusement confortable. Ça sent le coussin privé du chat, ça. Se relèvera, se relèvera pas ? Il a un instant de doute. Oh, Absinthe partagera volontiers son fauteuil privé avec son « petit copain », non ? Dans le doute, l’Humain se laisse glisser au sol, se contentant de poser son dos contre le meuble, pariant avec lui-même si le fauve osera venir s’asseoir.

Ses conjectures statistiques se perdent dans le goût de la bière qu’on lui a tendue. Nul besoin de nommer les fameuses Maudites qui faisaient rage sur l’île. La qualité surpassait de loin celles qu’on trouvait sur le reste de la Terre… Exception faite des bières belges, peut être. Il claqua la langue et s’installa plus confortablement. Un petit radiateur électrique les tenait à l’abri de la fraîcheur et de l’humidité des bois. L’assourdissante musique du DJ était étouffée par les tentures. Encore un peu et il s’endormirait. Hum, y avait rien à manger ?

Miam. Noix de cajou.

Tous se sont installés. Pour l’instant, personne ne parle vraiment, on attend qu’Ab’ se pose, on sait pas trop quoi demander au rouquin qui pioche tranquillement dans la coupelle en face de lui. Il s’amuse, fait légèrement glisser la bretelle visible de con débardeur sur son épaule et prend la parole, souriant comme jamais :


« C’est gentil de m’avoir invité. Bravo pour le concert, c’était magnifique, bien mieux que la daube qui passe en ce moment. Dites, comment vous avez formé votre groupe ? »

Elliott s’y connaît : pour faire parler des artistes, parlez-leur de leur art. Avec cette question commune et anodine et les quelques compliments qui venaient avant, il savait que d’un coup il se faisait bien voir (son air angélique et sa prétendue relation avec Ab’ devaient aider aussi) et qu’il lançait un sujet de discussion qui ne s’épuiserait pas de sitôt. Avec un peu de chance, il aura droit à des anecdotes croustillantes…

Il reste des noix de cajou ?

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Absinthe Shanazar
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MessageSujet: Re: The forest is breathing along with us tonight... [Absinthe (et Ethan ?)]   Lun 30 Jan 2012 - 16:04

Stoïque, Absinthe endure les remarques de ses compères pendant qu'il sent le nain perfide serrer davantage son bras. Ça va, tu t'amuses bien? Tsh! Les oreilles légèrement en retrait et sa longue queue féline faisant de petits mouvements agacés, le fauve à cet instant est Solitude. Oh, bon sang... Pourquoi il avait invité le caniche, déjà ? Définitivement, Elliott n'est pas un foutu clébard. Trop vicieux pour ça. Bien trop vicieux. Ou alors, c'est un roquet, type chihuahua. Tiens, ça pourrait bien lui aller, ça. Une crotte de canidé, dans laquelle on shoote parce que ça vous mordille le pantalon. On est loin de la classe des lupus... Pas vrai Ethan ? L'idée de la tête que celui-ci ferait en voyant la scène arrache finalement un sourire au félin, puis celui-ci réalise soudain être nez à nez avec le morpion. Gné ? Quelle idée saugrenue a-t-il encore imaginé ?

Et là, c'est du grand art. Vraiment. S'il n'en était pas la victime, Absinthe rigolerait aussi. Oh non, mais regardez moi ce jeu d'acteur ! Et que je te fais des yeux enamourés, et que je prend un air éperdu, avec une voix subtilement maitrisée.... Tu devrais faire du théâtre, honey. On s'y croirait. Absinthe, une fois encore, ne veut pas offrir à l'autre empaffé l'ombre du réaction. Ça lui ferait trop plaisir, tien ! Alors il le fixe, impassible, et hésite in petto entre l'envie de le faire voler quelques mètres plus loin ou de jouer le jeu en lui roulant un patin. Mais non. Elliott serait trop heureux d'avoir une réaction... Saloperie de môme ! Il trouvera un moyen, plus tard, de faire payer tout ça... Ou pas. Le fauve n'est pas mesquin, pas comme ça. S'il a un truc à dire, il le fera franchement, entre quatre yeux. Et à la force des poings s'il le faut.

Aussi impassible qu'un soldat de la garde royale anglaise -s'il les connaissait il les plaindrait vraiment- Ab' laisse le petit faire son show. Finalement, c'est avec soulagement qu'il voit celui-ci se détacher de lui pour aller gambader plus loin. Sale gosse. Mais il a beau dire, le fauve ne peut retenir un sourire carnassier en le regardant s'éloigner. Au moins, on n'a pas le temps de s'ennuyer avec lui... Profitant de ce que son prétendant ai le dos tourné, Absinthe jette un regard furieux à sa bande de potes qui retient difficilement une crise de fou rire en le voyant ainsi malmené par le rouquin. Mimant la décapitation d'un geste vif alors que Ginger ne se cache même plus pour rigoler, le fauve a juste le temps de reprendre une attitude digne lorsque le morveux se retourne pour l'appeler. Et il lui tire la langue, en plus le sagouin ! Sale gosse ! Mais quel sale gosse! Le coursier ne comprend pas. À partir de quand est-ce que sa vie a déconné? Aurait-il du vraiment faire voler dans l'escalier ce gamin l'autre soir ? Lui jeter le paquet à la figure et fermer la porte au nez ? Voir... Ouvrir le paquet et se prétendre désolé, il l'avait jeté ? Ouais mais non. Il n'est pas comme ça, lui. Shit. Trop bon trop con, le proverbe n'a pas tort....

Avec un soupir lourd d'appréhension en voyant tout le monde s'amuser à ses dépends, le fauve fourre les paluches dans ses poches et avance en relativisant. Ça aurait pu être pire. Fane et Ethan auraient pu être là. Des clients auraient pu voir la scène..... Oh mon dieu. Vision d'horreur. Rendu un brin bougon par les actions d'éclats du rouquin, bizarrement il est le seul à ne pas s'en amuser, Absinthe s'avance tête basse avec une petite moue résignée pendant que Doyle et Seymour lui glissent des regards éperdus à leur tour, en une imitation moqueuse de tout à l'heure. Pfeuh ! Elliott avait très bien géré son coup : en se foutant de lui comme ça devant ses potes, il avait touché la corde sensible de ceux-ci. Les histoires de coucheries de la panthère, ils s'en délectent toujours autant. Avec ce nouvel acteur qui vient de rentrer en scène, l'action promet d'être palpitante !

Dernier à rentrer en trainant les pattes, Absinthe s'arrête net en voyant la scène. Oh. Bon. Sang. Pourquoi fallait-il qu'en plus, le morveux soit habillé ainsi ? Il aurait mieux valu qu'il garde sa veste, tiens ! Doyle aime, à en voir son sourire appréciateur. Le serveur lui non plus ne crache pas dessus, visiblement. Seymour ricane sous cape en s'installant. Et Ginger..... Bah Ginger, de son côté, il fait carrément un signe avec le pouce levé à la panthère, doublé d'un sourire victorieux à la “Wesh gars ! Joli morceau, t'as tiré l'gros lot !”. Et le pire, c'est que le fauve est obligé de l'admettre : Elliott a du chien, sapé comme ça. Avec un profond soupire, Absinthe se passe la main sur le visage. Mais qu'est-ce que j'ai fais pour mériter ça, moiiii ? Finalement, c'est la cause même de sa situation qui lui donne la motivation pour se ressaisir. À le voir comme ça, en train de piocher tranquillement dans les trucs d'apéro comme s'il était chez lui.... Et installé contre son pouf en prime ! Non. Il l'a fait exprès, c'est pas possible autrement. Ah, et le voilà qui minaude en vidant la coupelle d'amuse-gueule et en jouant avec sa bretelle de débardeur. Comme s'il n'était pas déjà assez aguicheur vêtu ainsi. Nan mais quel numéro, j'vous jure ! Ceci dit, pour l'instant, les autres foncent dans le panneau.

Demander l'origine du groupe ? Courageux, comme question. À chaque fois, les quatre compères donnent une version différente. Parfois, c'était un coup de chance, en passant devant la fenêtre d'un des membres qui jouait de la musique. Parfois, c'était lors de la composition d'une chanson, en hommage à un ami qui venait de passer l'arme à gauche. Un jour de grande forme, Ginger avait même déclaré que le groupe avait été composé de force : lorsqu'ils étaient ado, une bande de caïd auraient misé sur leur incompatibilité de caractère pour les forcer à former un groupe dans l'espoir de les voir s'entre tuer ensuite. Ah, que les temps sont durs, n'est-ce pas ? Avec un sourire de chat, Absinthe se retrouve en quelques enjambées devant son pouf. Ses trois amis, qui s’apprêtaient à répondre un truc abracadabrant au gamin, s'arrêtent net et observent les deux amoureux. Franchement ? Ils ont l'impression d'être comme au théâtre, et s'il y avait du pop corn ils en dégusteraient en observant la scène. Pour une fois que le beau gosse du groupe voit sa classe écornée par un petit jeune premier, il ne vont pas s'en priver !

Silencieux, Absinthe fixe un instant Elliott qui est adossé à son pouf, puis s'installe avec nonchalance. Non, il ne le laissera pas lui arracher son sang-froid. Ce serait lui faire trop d'honneur. Et puis.... Ça lui rappelle le soir où il avait rencontré son petit faune cerf. Au fond, c'est le même jeu qu'avec Fane, les circonstances seules sont différentes... Alors une fois bien calé dans son coussin au confort mortel, la panthère se sert une bière et glisse avec désinvolture un bras sur le torse du jeune homme, par-dessus l'épaule de celui-ci. Puisqu'il a postulé au titre avec tant d'acharnement, très bien. Il sera sa chose, son minet. Pour l'instant du moins. La main confortablement installée comme si elle cela avait toujours été sa place, le fauve est un exemple parfait de naturel. On s'y croirait. Et le fait est que la situation ne le gène pas outre mesure, dès lors qu'il décide de jouer le jeu lui aussi.


- Donc, les origines du groupe. 'Faut lui répondre, pas vrai les gars ?
- Juste. Donc, en fait, tout à commencé à cause de nos parents.
- Ouais, 'fin moi c'était mon oncle et le voisin qui ont bourré le mou aux miens, hein. Sinon, ma famille est pas psychopathe comme les votres.
- Gare à tes fesses, Gin', n'insulte pas mes parents. Bref. Ce qu'il faut savoir, Elliott, c'est qu'on a tous les quatre des caractères un peu... Euh... Comment tu disais, Doyle ?
- Foutrac.
- Merci. Et donc, pour nous pousser à prendre quelques responsabilités, ils nous ont incités à faire de la musique.

Absinthe ricane dans son coin, un sourire satisfait aux lèvres. Bordel, faut-il qu'ils soient tous crevés pour raconter un truc aussi peu crédible. D'ailleurs, ils s'en rendent compte eux même et rigolent de leur conneries. Tiens, et s'ils disaient un truc vrai, pour une fois ? Avec toutes les versions qu'ils ont balancé jusque là, même si le yorkshire enquêtait, il ne trouverait rien. Juste une dizaine de versions sur la création du groupe, toutes aussi fausses les une que les autres.

- Minute, Sey, tu confonds avec comment on a attaqué la musique (ce qui était faux, aucun des membres n'avaient commencé à jouer ou chanter de cette manière). La question du petit est claire, pourtant.
- Oh, mais il faut garder une once de mystère, non ? C'est mauvais de tout dévoiler...
- Ouais, mais c'est si gentiment demandé.....

Seul Ginger a compris où le fauve veut en venir. Se levant brusquement avec une pose théâtrale alors que l'ours et la girafe se demandent ce qu'il a encore imaginé, le petit bouc met à profit sa voie de stentor pour chanter mélodieusement la vérité, comme à l'opéra. Mais dit de cette façon, pourra-t-on le prendre au sérieux ?

- ON ÉTAIT TOUS BOURRÉÉÉÉÉÉÉÉS ♪♫

Et de s'écrouler mort de rire pendant que le reste des Fruit Loop Soup se joignent à lui et rit de concert. Ah, ça.... Elliott voulait voir la bande au complet, il est servi ! Sirotant sa bière et installé comme un pacha, Absinthe se dit que finalement, la soirée ne sera pas si animée que ça. Enfin... Reste à voir ce que le rouquin va encore inventer.
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Elliott Shanahan
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MessageSujet: Re: The forest is breathing along with us tonight... [Absinthe (et Ethan ?)]   Mar 31 Jan 2012 - 20:28

Bon. D’accord.

Impossible de pousser la mauvaise foi jusque là : Elliott est bien forcé de lever le visage vers Absinthe et du lui montrer son pouce levé, le visage bizarrement dépourvu de mesquinerie ou d'ironie. Croyez-moi si vous le voulez, mais ce qu’il y a comme expression sur son visage, c’est de la sincérité. Je vous le jure, de la sincérité ! Une expression si rare chez l’Humain qu'on suspectait une dégénérescence pathologique des zygomatiques empêchant les contractions musculaires nécessaires à son apparition. Là, il était bien forcé de l'admettre, il était tombé sur un coriace. Un type qui, s'il s'en donnait la peine, pouvait rivaliser avec lui dans le domaine de tromperie. Il était un peu admiratif. Un peu surpris. Un peu perdu.

C'est que, bon, il en avait fait des tonnes, c'est vrai. Ce n'était pas son genre d'avoir des états d'âme mais il n'arrivait pas à mépriser Absinthe comme il le faisait avec le reste de l'humanité, alors forcément, il commençait à sentir sourdre en lui une légère appréhension. Le bras qu'on attrape, OK, la petite comédie... Bon, ça allait aussi. Mais s'il s'était rendu compte qu'il était habillé d'une manière aussi provocante, même lui n'aurait pas osé aller si loin. Pas avec ce type qui avait une classe inatteignable et une musculature qui faisait plus peur à l'Humain qu'il ne voulait l'admettre. Il préférait éviter d'en arriver aux poings avec lui... Et après l’avoir fait tourner en bourrique non seulement le soir même de leur rencontre mais aussi plus tôt dans la soirée, Elliott savait que le craquage pointait le bout de son nez.

Du coup, pour une des rares fois de sa vie, Elliott s'était retrouvé un peu désemparé. Il avait décidé de dissiper un malentendu qui pouvait lui porter préjudice à lui aussi quand le fauve avait décidé d'en rajouter à son petit jeu. Le roux s'attendait à tout sauf à ce bras qui était venu entourer son torse tout à fait inopinément. Il avait eu toutes les peines du monde à ne rien laisser paraître de son étonnement, mais il savait que le fauve savait : sa main nonchalamment pendante arrivait non loin de son cœur qui s'était brusquement emballé, plus la soudaine crispation qui avait saisi son dos et ses bras. En même temps Elliott ressentit désagréablement le triomphe de la panthère qui jaillissait de tous ses pores. Oui, bon, il s’était fait avoir, pas la peine d’en rajouter. Un peu de calme, Shanahan. Ce n'était certes pas prévu au programme mais tu es suffisamment intelligent pour t'en sortir ou retourner ça à ton avantage, que diable !

Pendant que Doyle, Seymour et l'autre machin minuscule (Harper ?) divaguaient sur les origines qui semblaient plus floues qu’autre chose, Elliott prit une large inspiration et se déconnecta totalement. Pouf, plus rien. « Monitor Going to Sleep ». Il avait besoin de l'intégralité de son cerveau pendant cinq secondes tout au plus pour trouver une solution. Bon. Ab' semblait s'être pris au jeu mais c'était presque certainement pour ne pas perdre la face et tenter de le déstabiliser, ce qui marchait pour le moment, hélas. La solution naturelle serait donc de surenchérir, mais ça risquait de se finir aux poings ou au lit, tandis que laisser tomber signifiait avouer son échec et se voir devenir la risée de tous. Inacceptable, plutôt mourir ou se prendre un poing sur le nez. La troisième solution se nommait « Attendre ». Qui vivra verra. Pour l'instant, il n'avait pas à s'inquiéter ; il était au chaud, installé confortablement et avait de quoi se restaurer. Absinthe, lui, avait réussi à sauver sa réputation en entrant dans la danse...

… Et risquait de profiter de ça pour prendre le rôle du dominant et rétablir sous le couvert d’une vie de couple l'équilibre de force en lui faisant payer pour ses taquineries. Le scénario de yaoi classique... Légère inquiétude. Quel était le pourcentage pour que ce genre de clichés se réalise ? Surtout que dans cette histoire c’était Elliott, le « dominé » qui devait payer. Certaines de ses lectures lui revinrent pêle-mêle en mémoire…Et ça ne sentait pas bon. Pas bon du tout.

En attendant, il valait mieux mettre les fictions de côté et revenir dans le bon vieux monde réel, sinon les autres allaient penser qu'il dormait les yeux ouverts ou avait pris une drogue diverse. La reprise de conscience était une entreprise assez longue et compliquée, surtout si un truc important avait eu lieu pendant son absence psychologique. Il croisa mentalement les doigts pour que ce ne soit pas le cas, sinon il allait avoir du mal à reprendre le fil. C’est parti … On compte jusqu'à dix, on recommence à respirer normalement, on cligne un peu des yeux et on boit une gorgée de bière pour se donner une certaine contenance. Juste à temps pour admirer le superbe organe de Walter.


« ON ÉTAIT TOUS BOURRÉÉÉÉÉÉÉÉS ♪♫ »

Vrai, il avait une belle voix, mais vite noyée par la cascade de rires qui déferla en réponse à cette annonce licencieuse. Elliott, qui ne riait que pour se moquer des gens, se contenta d'esquisser un sourire légèrement torve et fit semblant de pouffer en secouant les épaules au risque de faire encore plus glisser sa bretelle. Non, ça allait, elle semblait rester en place. Il se sentait incapable de lancer des éclats aussi vrais, humains et chaleureux. Ses cordes vocales étaient bloquées sur « Ricanement méprisant » et son rire de façade ne tiendrait pas la route longtemps. Trouvons une parade dans la liste préétablie et parfaitement mémorisée des 1000 manières de changer de sujet, copyright Elliott Shanahan…

« Bon, alors portons un toast à l'alcool pour avoir créé un groupe d'exception ! »

Il trinqua, posa sa bouteille et, sans trop déranger le bras baladeur d’Absinthe, rajusta ses habits avec une méthode dûment répétée pendant des années. Ce soir allait être consacré à ses multiples talents, on dirait ! Voyez comme il réduit le degré de provocation en redonnant à un habit une apparence normale sans que personne ne s’en aperçoive directement ! Je lisse, je remonte, je reboutonne un truc et, tada ! Un T-shirt presque comme il faut… Qui allait vite retrouver son état d’origine si son porteur buvait trop. En attendant, personne ne remarqua la manœuvre et Elliott estima avoir maintenant fait ce qu’il fallait pour faire retomber un peu l’énervement du matou.

Un peu trop, d’ailleurs, se dit-il en lorgnant vers le bras qui barrait sa poitrine. C’était quand même embêtant, ce truc-là ! Il fronça les sourcils, effleura le poignet de ses doigts et papillonna légèrement les yeux avant de poser sa tête contre la jambe du félin. Et bien quoi ? Ils étaient bien en couple pour ce soir, non ? Il avait le droit de faire ça.

Il regarda dans le vide en écoutant distraitement les conversations, légèrement fatigué et alcoolisé. Et puis il est bien au chaud contre son chat attitré du soir. Chat, bouc… Oh, zut. Il avait deviné pour ce qui est du régime alimentaire mais hésitait entre ours et sanglier, cheval et un autre truc avec un long cou, genre la girafe ou l’okapi. Gênant, ça.


« Dites, c’est peut-être indiscret, mais… Autant Absinthe est un félin et Ginger une chèv… Un bouc… Vous, les gars, j’avoue que je rame un peu ! » Dit-il en fixant Doyle et Seymour…

… Et se félicitant intérieurement d’avoir retrouvé le nom du satyre belliqueux à temps. Avoir Absinthe sur le dos, c’était déjà risqué sans qu’on veuille en rajouter, surtout que plus c’est petit, plus c’est teigneux !

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Absinthe Shanazar
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MessageSujet: Re: The forest is breathing along with us tonight... [Absinthe (et Ethan ?)]   Mer 1 Fév 2012 - 16:15

Avec un petit sourire narquois, Absinthe avait accueilli le signe de pouce du rouquin, l'air de dire “T'sais pas ce qui t'attend mon coco”. Et avait ensuite glissé un bras autour du torse de ce drôle de gamin, nous le savons. Comme ça, mine de rien, avec naturel. Ce même naturel qui lui avait fait jouer le Roméo protecteur de Fane pour se débarrasser d'un loveur un peu lourdingue. Avec un petit sourire de pacha, mi-narquois mi-victorieux, le fauve sent la crispation du jeune homme contre lui, il sent ce cœur qui s'emballe non loin de sa main, il sent la surprise contenue. Bravo, ceci dit. À part lui, personne n'a rien remarqué. Joli jeu d'acteur.

Maintenant que le concert est terminé et qu'ils sont tous posés loin des lumières épileptiques et des poum poum à rendre sourd, la panthère se sent bien. Serein à nouveau, Ab' pose sa bouteille déjà vide et en entame une autre. Il boit de la Maudite comme du petit lait, le matou. Ginger et les autres feront l'animation de la soirée, comme d'habitude. Lui, c'est davantage un spectateur attentif que réellement quelqu'un qui va sur le devant de la scène. Pour ça d'ailleurs que la petite mascarade du chieur né l'avait pris de cours. Agacé. Crispé. En repensant brièvement à cet épisode, le félin retient un grondement instinctif. Sage, le chat. Sage. C'est fini, pas la peine de refaire le gros dos. Bois ta bière et profite de la soirée.

Le fait est qu'avoir de la Maudite entre les pattes – et un chauffage vivant contre lui- ça le remet de bon poil, le minou. Non, ce n'est pas vraiment quelqu'un de rancunier c'est sûr. Une fois le coup de greuh passé, si on analyse la situation, il est plutôt comme un coq en pâte : sa bande, son pouf, sa mousseuse, et un croquignolet entre les paluches. Avouez que y a pire... Même si le jeunot en question est du type dangereux à pouvoir vous monter le bourrichon en deux secondes, pour l'instant ça va. Au fond, ça lui fait du bien, en fait. Qu'il y ai quelqu'un pour lui rappeler qu'il n'est pas le seul à avoir du caractère, qu'il n'est pas divin et inattaquable. Que lui aussi peut être la proie de temps à autre.

Un toast se lève, tout le monde trinque, ahah c'est la fête..... Sentant sous son bras Elliott s'agiter un peu, la panthère y jette un coup d'oeil rapide. Et fronce les sourcils. Tiens ? Le rouquin qu'il voit n'est pas vêtu de façon si provocante que ça, finalement. Pourtant, tout à l'heure, il n'avait pas rêvé.... Quand est-ce qu'il avait changé ça ? Belle performance, les autre gus n'ont rien vu non plus. Le jeunot -merde, il oublie toujours que c'est le rouquin le plus vieux ! - a donc de multiples talents cachés. Bien bien, beau travail.

Mais le voilà qui rajoute une couche à son petit manège. À croire qu'il veut garder un certain équilibre et que trop se calmer serait répréhensible. Effleurant son poignet et avec de nouveau des airs de minauderie, le caniche pose maintenant sa tête contre sa jambe. D'abord interloqué, Absinthe l'observe avec un sourcil relevé pendant que les trois autres gloussent en remarquant le petit manège et cette scène de couple si touchante avant de détourner la tête à nouveau. Dans un éclat de rire, le fauve se dit qu'avec deux emmerdeurs comme lui et Elliott, la bande allait pouvoir se régaler. Et oui, il en rigole le matou. Se dit que si les services postaux ne s'étaient jamais plantés, il ne serait pas avec ce mignon minet contre lui ce soir. Ah oui, il est en couple, c'est vrai ! En couple. Lui casé, ça le fait rire de plus belle. Ah, c'est nerveux pour le pauvre chat qui se passe la main sur le visage et se demande une fois encore comment il a pu en arriver là.

Elliott quand à lui s'intéresse maintenant au reste du groupe. Ayant fini de rire, le coursier esquisse un petit sourire en entendant le jeune homme poser sa question. Ginger allait encore s'en mêler. Du moins, y avait des chances. Autant le bouc nain possédait un caractère épouvantable, autant il était également l'un des pitres les plus notables du groupes. Mais non, pas pour se soir, visiblement. Débattant furieusement avec Seymour sur la justesse d'un des accords de compo perso, les deux compères n'entendront rien avant que le conflit soit résolu. Bande de mules. Alors finalement, c'est Doyle qui se dévoue pendant que le fauve observe le tout en sirotant sa bière, et se demande s'il ose en rajouter une couche aussi puisqu'Elliott ne se gêne pas.


- Moi je suis un ours, et Seymour une...
- Je te dis qu'en mineur, ça pue ton truc !
- Ginger, soyons réaliste. Tant que tu refuseras de varier un peu les styles, on pourra pas avancer.
- MAIS BORDEL, PAS BESOIN DE FAIRE DU DÉPRESSIF POUR AVANCER !
- VOS GUEULES !!
- SHUT UP ON ON CAUSE !!

Peu habitués à avoir la version stéréo, Gin et Seymour regarde les autres d'un air interloqués. Le bouc, surtout, est coupé dans son élan. Allons bon, on ose crier plus fort que lui ? Diantre, quel outrage ! Sourcils froncés, la boule de nerfs contient la gueulante qui monte, qui monte. Avoir de front l'ours et le fauve, même lui préfère éviter. Un à la fois, pas de soucis. Deux contre un, c'est pas du jeu. Donnant un violent coup de coude à Sey au passage et piochant les dernières kawuet et noix de cajou pour les mâcher furieusement, le blondinet se renfrogne.

- N'empêche que j'ai raison, et qu'vous êtes des émo dépressifs avec vos compo à la con !
- Hrm. Pardon, Elliott. Donc, je disais que je suis un grizzli et Seymour une girafe. Et toi, tu es quoi ? J'avoue avoir du mal à deviner aussi.....

Attentif, le fauve dresse l'oreille et scrute avec l'ours leur invité. Le soir de leur rencontre, le roux avait ricané en laissant entendre qu'il était un chien. Ce que le fauve trouve de plus en plus aberrant. Quitte à être un canidé, il le verrait mieux en renard, à la rigueur. Oui, ça, ça lui irait bien, tiens. Avec un léger sourire, toujours de bonne humeur malgré le coup de gueule de soutien à son pote Winnie (qui était plus un exercice pour la voix que la démonstration d'un réel accès de colère), le fauve love sa longue queue noire de panthère contre le jeune roux. Au fond, il se sent bien. Vraiment bien. Naturellement, Absinthe se met à ronronner légèrement, serein. Sa deuxième bière n'en a plus pour longtemps elle non plus, il faudra en reprendre une. Oui, le fauve boit pas mal. Mais c'est de la Maudite, qu'on parle. Se délecter de cela est tout bonnement normal. Et puis, c'est pas comme si c'était de l'alcool fort. Il faut plus que quelques bouteilles de ce nectar pour l'atteindre.

Un serveur arrive et vient refournir les stocks d'apéritifs et de boissons. Tiens, c'est le même que tout à l'heure. Et à voir les regards qu'il lance à Elliott puis au coursier, il regrette de ne pas avoir eu l'occasion d'aborder le roux. Chasse gardée pour ce soir, honey. Try again. Pauvre gars. Pour un peu, Absinthe aurait presque envie de lui dire que leur jolie mise en scène n'est que du pipeau et qu'il peut bien sûr postuler pour courtiser le mignonnet. Mais, bah... La flemme. Et puis, la situation lui plait, au fond. Bien plus qu'il ne l'admettra à haute voix. Alors avec une once de défi dans les yeux lorsque le garçon prend les dernières coupelles vides et leur jette encore un regard, la panthère esquisse une légère caresse sur le visage du roux avant de remettre son bras à sa place, sur le torse de celui-ci. Viens le chercher, si tu le veux. Mais non, le pauvre se contente de rougir et de s'esquiver ensuite. Dommage : la part de prédateur en lui aurait aimé un défi, une confrontation. Mais non, sa proie préfère fuir. Tant pis.

Pauvre chéri, le fauve se sentirait presque coupable.

Presque.

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Elliott Shanahan
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MessageSujet: Re: The forest is breathing along with us tonight... [Absinthe (et Ethan ?)]   Jeu 9 Fév 2012 - 20:57

Elliott tapota distraitement du doigt sur le sol et attrapa une bouteille de Maudite en essayant de ne pas trop déranger Absinthe. Il avait escompté une réponse rapide pour satisfaire son esprit scientifique et sa curiosité naturelle mais Ginger semblait déterminé à monopoliser l’espace sonore pour imposer son avis artistique. Doyle avait bien tenté d’éclaircir le mystère des hybridations mais sa phrase avait été avalée par le débat sur les modes. Alors, puisqu’il faut patienter, autant patienter avec une mousseuse, non ? L’Humain avale une petite gorgée, s’étrangle un peu, tousse discrètement et essuie ses lèvres avec un bout de sa manche. Tiens, Ab’ a eu le même réflexe et se régale avec la bière la plus populaire de l’île. Elliott fronce un peu les sourcils en tentant de déterminer le nombre de Maudites que le matou a déjà sifflé. Bah, s’il veut se saouler, grand bien lui fasse.

Finalement, la discussion entre le bouc et la girafe est intéressante aussi. Le rouquin est féru de musique et s’emploie à faire entrer dans son large répertoire de talents divers le maniement d’un maximum d’instruments de musique, de la guitare au piano en passant par la flûte traversière et le violon. En effet, il chante faux, alors il tente de compenser par un autre domaine mélodique… Mais ses efforts ne sont pas forcément couronnés de succès. Il ressent un léger regret de ne pas avoir le morceau tant décrié sous les yeux pour déterminer si oui ou non il irait bien en mineur. En attendant, puisque le sujet du soir est la musique, il trace dans la poussière des lignes puis des notes maladroites, sans vraiment y faire attention, et…


« MAIS BORDEL, PAS BESOIN DE FAIRE DU DÉPRESSIF POUR AVANCER !
- VOS GUEULES !!
- SHUT UP ON ON CAUSE !! »

Elliott sursaute, renverse de la Maudite et trace un grand trait au travers de son accord parfait du Vème degré, détruisant dans un mouvement de poussière son exercice musical. Il pensait que seul Ginger, en sa qualité de chanteur, avait un coffre lui permettant de s’époumoner sans s’épuiser ; aussi le cri conjugué d’Absinthe et Doyle l’as autant surpris que les deux autres. Le temps de flottement passé, le roux se détend contre la jambe de son fauve de la soirée en soupirant silencieusement, Ginger se passe ses nerfs sur d’innocentes cacahuètes rescapées et Seymour encaisse stoïquement un coup de coude qui aurait coupé son souffle à l’Humain.

« Hrm. Pardon, Elliott. Donc, je disais que je suis un grizzli et Seymour une girafe. Et toi, tu es quoi ? J'avoue avoir du mal à deviner aussi..... »

Pas mal, Shanahan. Ses prédictions étaient quasiment correctes. De longues années à étudier les hybrides s’avéraient donc concluantes ! Il sourit intérieurement et sirota sa mousseuse comme du petit lait avant de répondre. Il ne pouvait décemment pas annoncer que lui était la seule créature pure n’ayant subie aucun croisement génétique, qu’il était le seul membre du groupe à être né de manière naturelle et ayant le droit officiel d’exister. Il avait bien sûr un animal factice pour ce genre de questions qui arrivait fréquemment. Une bestiole à poils roux qui pouvais faire preuve à la fois de ruse, de mignonnesse et de hargne si le besoin s’en faisant ressentir. Un animal qui n’était pas aussi impressionnant qu’un grizzli ou une panthère mais qui s’imposait quand même face à une chèvre.

« Je suis un… Un panda roux. »

Magie magie, voyez comme je rougis. Sourire légèrement penaud, tête penchée sur le côté, regard un peu gêné qui ne fixe rien en particulier. Du genre, « j’aime mon hybridité mais mon animal est loin d’avoir la classe à côté des vôtres alors soyez sympa s’il-vous-plaît ». Cette mimique patiemment étudiée passe moins bien que son jeu de l’amant éperdu mais ne sonne pas aussi faux que son « je suis vraiment ravi de te voir ! », qu’il doit absolument travailler devant son miroir quand il en aura le temps.

Étrangement (ou pas), les gens ont du mal à voir en lui un Ailurus fulgens. L’image populaire qu’on s’en fait est celle d’un mammifère tout mignon qui se comporte comme un chat et qui vient se lover contre vous après mangé des mangues ou autre fruit du même genre. Sauf que oui mais non. Déjà parce qu’Elliott n’est pas un Hybride (donc aucune raison qu’il adopte les traits d’un animal) mais aussi parce que le panda roux, qui n’a de panda que le nom, est aussi une boule de poil malveillante qui a des griffes et des dents pointus et qui sait s’en servir si besoin est. Ce qui, au fond, va bien au rouquin.

Laissant se dissiper l’effet de surprise, Elliott se passe une main dans la nuque et avale de travers quand la longue queue noire d’Absinthe vient de manière totalement imprévue se glisser sur sa hanche. Il tousse, bredouille un « Hum, j’ai attrapé froid ! » et foudroie Absinthe du coin de l’œil, réprimant un grognement énervé. Les chats et leur manie de fourrer leurs divers appendices là où s’y attend le moins ! (Ou comment écrire des sous-entendus sans le vouloir xD) Une des nombreuses raisons pour lesquelles Elliott n’aimait pas les animaux de compagnie.

Il hésitait entre pincer violemment ou piétiner un membre quelconque du félin pour lui intimer plus de retenue quand un serveur entra dans la loge pour débarrasser la petite table sur laquelle commençaient à s’amonceler bouteilles et coupelles vides. Puisque Dieu semblait exister en ce monde, il avait en plus gentiment pensé à rapporter quelques paquets d’apéritifs salés et de bières bien fraîches pour satisfaire artistes et invités d’honneur. L’Humain contempla les victuailles d’un œil brillant de gourmandise (était-ce des citrons confits qu’il voyait là ?) quand il aperçu les regards éperdus que lui adressait l’homme providentiel, malgré les efforts qu’il faisait pour que ça passe inaperçu. La gentillesse n’est pas le seul moteur de l’équipe technique, on dirait… Aurait-il charmé le serveur durant la soirée ?

Masquant du mieux qu’il le pouvait un petit sourire sadique, Elliott fit l’innocent qui ne vois rien et le remercia avec son sourire le plus charmant, faisant légèrement glisser manche de T-shirt et bretelle pour exposer un morceau plus appétissant de son épaule gauche. La situation lui plaît de plus en plus, tiens. Il apprécie intérieurement la figure adorable du malheureux qui rougit et jette un œil à la panthère qui s’amuse elle aussi, à en croire la douce caresse que sa main dépose sur sa joue. Elliott se niche contre sa jambe en souriant et lui adresse un long regard, surveillant discrètement le serveur qui vire à l’écrevisse et s’éclipse. Pauvre chou. Et lui qui voulait tellement une petite bagarre en son honneur, histoire de satisfaire son ego…

Il s’appropria une coupelle remplie de morceaux jaunes qui, oui, étaient bel et bien le genre d’immondes citrons confits dans beaucoup trop de sucre dont il raffolait. Il fit passer l’excédent de sucre par une poignée de noix de cajou et une gorgée de bière, plaisanta avec Doyle et Seymour, caressa discrètement la jambe d’Absinthe dans des tentatives de déstabilisation, réussi à dérider plus ou moins Ginger en faisant moult compliments sur sa voix et son talent musical, bref, il s’amusait bien. Quelques minutes passèrent ainsi avant qu’Elliott ne réprime un bâillement et frotte ses yeux.

Il jeta un œil à son portable qui indiquait une heure tardive, deux appels manqués et un SMS du Bureau de Surveillance AK (sous le nom passe-partout de John A.K., histoire de ne pas éveiller de soupçons). Il haussa un sourcil et se pinça l’intérieur du poignet pour émerger des brumes de somnolence. Il faisait chaud, il était installé confortablement contre un des plus beaux mecs de la ville, avait le ventre plein et des vapeurs de bière dans le cerveau. Il ne tenait vraiment plus l’alcool… Devait-il partir ? C’est qu’il avait cours, demain… Pas qu’ils étaient importants, mais pour le bien de sa couverture il se devait de ne pas trop faire n’importe quoi…

Il tira sur le pantalon du fauve et lui glissa discrètement qu’il devait s’en aller, peux-tu-me-raccompagner-à-la-porte-please-mon-amour ? Sans vraiment l’attendre, il se leva lentement, s’étira et s’excusa auprès du groupe. Il avait une épreuve super importante de biologie cellulaire et biologie du développement le lendemain matin et se devait de s’en aller. Il enfila son manteau et commença à sortir, affrontant vaillamment le froid de la nuit, la musique qui continuait et les stroboscopes, se demandant si Absinthe allait le suivre ou non. Probablement pas. Le fauve allait profiter de l’occasion pour lever le malentendu.

N’est-ce pas ?

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MessageSujet: Re: The forest is breathing along with us tonight... [Absinthe (et Ethan ?)]   Mer 14 Mar 2012 - 17:45

Lorsque les deux compères haussent le ton pour calmer les ardeurs de Gin et Sey, le fauve sent Médor sursauter contre lui. Oups, Mea Culpa, c'est vrai qu'il n'avait pas prévenu... Puis, maintenant que tout le monde est attentif au jeune garçon, celui-ci crache enfin le morceau : il est un panda roux. Hein ? WTF ! Le fauve est plutôt étonné, il n'aurait pas pensé à ce genre de bestiole. Vrai, le p'tit gus cache bien son jeu. Ceci dit, c'est vrai que finalement ça lui va pas mal. Petit, roux, mignon et teigneux. Surtout que le mec te sort ça avec une bouille mignonne à laquelle Absinthe ne croit pas vraiment : il a déjà gouté à l'acidité du matheux, alors le coup du “J'suis mignon me tapez pas“, il n'y croit pas vraiment. Manquerait plus que ça, qu'on lui donne le bon dieu sans confession, tiens !

Un petit rictus victorieux apparaît fugitivement sur le visage du matou lorsqu'il sent le panda sursauter une fois encore et manquer de s'étouffer alors qu'il love sa longue queue féline contre lui. Ah ah, so cute. Et bah alors, chéri, je croyais que tu voulais jouer ? Le regard noir que lui offre Elliott lui arrache un sourire innocent -ou pas – et le fauve en réponse hausse des épaules pour montrer que ce n'est pas dramatique. Bah quoi, mon gars, tu vas pas pleurer pour ça ? Tu serais prude à ce point ? Ou bien c'est d'avoir été déstabilisé qui t'agace ?

Et décidément, le fauve se sent d'humeur taquine. D'où le numéro qu'il sort lorsque le serveur arrive. Il ricane en voyant Elliott faire de même et offrir au pauvre homme un bout d'épaule plutôt intéressant. Les autres compères aussi se sont aperçus du manège (et Doyle en profite pour se rincer l'oeil la aussi). Ah, et vu leur tête, ça turbine ça turbine. Absinthe les entend presque penser : “Simple jeu, ou bien les deux se détendent et deviennent plus démonstratifs ?“ Que la panthère soit réellement avec le rouquin est très peu probable, mais sait-on jamais. Il paraît que les miracles existent. En tout cas, même si ce n'est pas le cas, c'est autant d'éléments qu'ils pourront utiliser pour embêter le fauve. Ah, on va en entendre parler pendant un moment, du panda roux qui a débarqué un soir avec des airs de propriétaire sur la panthère ! Elliott pendant se temps profite de l'aubaine pour se nicher contre la jambe du félin sous le nez du pauvre serveur qui n'avait rien demandé à personne. Oui, vraiment, dommage qu'il n'ai pas envie de se battre plus que ça pour le mignonnet. Absinthe ne sait pas ce que le bel ange en aurait pensé, mais lui même n'aurait pas été contre un peu d'action. Buf puf, c'est ça d'être trop bien posé aussi.

Et la soirée continue tranquillement, sans autre action d'éclat à noter. Elliott se gave paisiblement de citron confits (bordel, comment peut-on manger des trucs aussi écoeurants ?) tout en se mêlant à la conversation. Et la panthère admire le brio avec lequel le jeunot s'intègre au sein du groupe, même Ginger l'a totalement adopté. Il fait dire que le panda sait parler au bouc et est visiblement friand de musique, ils ont tout pour s'entendre. Surtout s'il s'amuse à écorner la réputation de beau gosse classe d'Abs' comme il l'a fait en début de soirée avec talent. Mais visiblement il commence à se faire tard pour lui. Ceci dit, le grand brun se dit qu'il n'a pas tout à fait tort. C'est qu'il bosse, lui aussi, demain. Et ses premières livraisons sont relativement tôt, maintenant qu'il y pense.

Un tiraillement du pantalon tire la panthère de ses pensées alors qu'il était en train de revoir mentalement son planning du lendemain. Oui, quoi, c'est à quel sujet ? Une discrète demande de raccompagnement lui parvient à l'oreille, et le temps que le fauve assimile l'information, Elliott est déjà en train de se lever tranquillement, puis de s'étirer. Ah, il part pour de bon ? Hmm. La panthère pèse le pour et le contre à son tour. Ouais, c'est vrai qu'il serait plus sage de partir maintenant, mais en même temps il n'a pas envie de rentrer de suite. Ni de rentrer dans son jeu... Ceci dit, ça veut dire avoir du mal à décoller demain matin, et encaisser toutes les blagues pourries qui déjà affluent dans les esprits de ses potes, à en voir leur bouilles dès que le roux tourne le dos et passe le pas de la porte. Avec un grognement flemmard, le félin s’ébouriffe la tignasse et se lève à son tour. Ouais, non, vaut mieux rentrer.


-J'en profite pour rentrer moi aussi, demain j'attaque à 7 heures. See ya guys, et à un de ces quatre.
-Wai wai. Dis plutôt que tu vas le rejoindre, petit veinard !
-Doyle, ta gueule. Commence pas.
-Vous étiez teeeeellement mignons à vous faire des mamours et des papouilles, collés l'un à l'auuuuutre !
-Le nain, la ferme.
-Nan mais dis ce que tu veux, Ab', ils ont raison, hein. C'était meuuugnon comme tout. Et t'énerves pas, Gin, tu sais bien qu'il le fait exprès.
-Putain, mais c'est juste des bobards, et vous rentrez en plein dans son jeu !
-Ou alors c'est toi qui vient de rentrer dans le notre, le chat !

Avec un soupir mi exaspéré, mi narquois, Absinthe lève les yeux au ciel, enfile son blouson et sort à son tour. L'air frais lui fait du bien et le revigore merveilleusement. Non pas qu'il soit ivre, il en faut plus que quelques Maudites pour l'atteindre, mais le fit d'être resté posé au chaud l'avait un peu ramolli. Et puis en terme de réveil, la fiesta agressive qui continue y est pour beaucoup aussi, le rendant à nouveau aveugle et sourd en quelques instant. Bordel, il aurait du rester finalement ! Plus loin, entre deux éclairs lumineux, le félin aperçoit la silhouette reconnaissable du minet et le rejoint en quelques grande enjambées.

-Content de toii ? T'as bien réussi ton coup, ils vont me charrier pendant un bon moment à ton sujet. Tu as marqué les esprits.

Le fauve ricane en prononçant ces mots, il sait reconnaître quand c'est une belle performance ou pas. Et ce soir, Elliott a joué de main de maitre, réussissant à la fois à titiller le fauve, se faire admettre dans la tribu, et avoir même un ticket de retour si l'envie lui prend : pas de doute, il sera le bienvenue. Ah, manquerait plus que les autres l'invitent à l'Arche, tiens !


[hrp : pardon du délai et de ce que ça donne, j'ai eu une période de gros rush irl, et ensuite j'ai eu du mal à m'y remettre]
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MessageSujet: Re: The forest is breathing along with us tonight... [Absinthe (et Ethan ?)]   Ven 30 Mar 2012 - 20:41

L’air est quand même très froid et Elliott trépigne sur place pour tenter de se réchauffer. Ses mains enfoncées au fin fond de ses poches, il jette un dernier coup d’œil vers le carré V.IP. Et hausse les sourcils, sans pouvoir empêcher sa mâchoire de tomber de quelques centimètres. Hein ? Qui ? Quoi ? Comment ? Est-ce Absinthe qu’il voit émerger du cocon de chaleur et de confort ? Et… Pour lui ? Le petit chieur que tout le monde déteste ?

L’Humain a juste le temps de se composer un masque narquois et légèrement surpris quand le fauve arrive à ses côtés, ayant apparemment remarqué sa présence grâce aux lumières agressives qui tournoyaient continuellement. Ça plus les odeurs de plus en plus agressives de nourriture, de phéromones et, alcool oblige, de vomissures lui donnent un léger mal de cœur. Il se force à faire bonne figure et accueille Ab’ avec un léger sourire victorieux.


« Bien sûr que j’ai marqué les esprits. Qui oublierait un mec aussi mignon et brillant que moi ? »

Il ne peut s’empêcher de faire un vrai sourire, heureux et resplendissant. Il s’est bien amusé à cette petite soirée, et a été touché plus qu’il ne voudrait l’avouer par la panthère. Ça lui fait plaisir qu’il soit sorti le raccompagner. Même si c’est surtout à cause de son boulot qu’il rentre… Elliott soupire légèrement et contourne soigneusement la piste de danse, la scène et les buffets, pressant le pas pour fuir tout ça, fuir les gens, fuir le monde réel. Voilà longtemps qu’il n’a pas bu et les Maudites lui tournent la tête. Il perd l’équilibre et tombe à genoux, se relève et peste en essuyant ses genoux.

« Je déteste la nature. Elle ne respecte aucune symétrie et tout est horriblement… Dérangé… »

Il observe Absinthe du coin de l’œil et se sent jaloux en remarquant qu’il est à l’aise dans cet environnement. Il ne comprendra jamais les personnes normales. Il n’a jamais compris personne, en y réfléchissant bien. Il maîtrise la psychologie sur le bout des doigts mais… La théorie n’est pas la pratique, et les livres ne traitent pas de tout. En plus, à cause de la censure, Animalia Kingdom est très en retard niveau littérature et les Humains postés sur place, comme lui, ont un quota précis de livres par mois.

La forêt menaçante et son sol traître laisse bientôt place au béton de la civilisation et Elliott respire enfin. Il se sent encore un peu barbouillé et respire profondément pour chasser son mal-être. La lune éclaire doucement la ville silencieuse et donne une nouvelle dimension aux rues. Poussé par un élan totalement irréfléchi, sous l’influence de la bière et de l’environnement, l’Humain esquisse la geste d’attraper la main d’Absinthe et se retient aussitôt, englobant son mouvement dans un étirement. Il se laisse un peu trop aller… Vivement une bonne nuit de sommeil pour se remettre les idées en place !


« C’était une belle fête. Tes amis sont sympathiques… Et totalement naïfs. Ils sont tous de suite tombés dans le panneau… »

Elliott rigole et jette un œil au nom de la rue om ils cheminent à présent. Absinthe et lui vivent dans deux quartiers totalement opposés, le rouquin ayant eu une maison dans le quartier très bourge de la ville, avec un pavillon qui doit coûter un an de salaire du matou le mètre carré. Aux frais du bureau AK en plus… Si c’est pas la belle vie, ça, qu’est-ce que c’est ? Il ne lui manque qu’une piscine. Il a une envie folle de faire un bain de minuit avec une musique douce comme fond musical et des mojitos le long du bassin, flambés bien sûr, pour éclairer la scène… Et peut-être un bel éphèbe nu qui serait tombé dans sa toile et qui le regarderait avec des yeux de braise, allongé sur un transat, sa main trempant négligemment dans l’eau chauffée, jouant avec les bougies flottantes et les pétales de rose…

La suite fait monter des couleurs aux joues d’Elliott qui pousse un petit soupir agréable avant de fermer son manteau. À côté de la fête, l’air était tout de même plus chaud qu’ici, au milieu des beaux quartiers, dont toutes les maisons sont plongées dans l’obscurité, sauf celle de son voisin d’en face, un curé qui travaille ses sermons jusqu’à pas d’heure et qui le maudit régulièrement pour son mode de vie dissolu.

Il est devant chez lui.

Il fronce le nez et se tourne vers le félin qui, incroyablement, l’a suivi. Peut-être qu’il n’a pas remarqué ? Ou peut-être que c’est juste Elliott qui n’a pas écouté… Bref. La panthère est là. Le sentiment de frustration du à l’absence de piscine se fait plus pointu. Il y a celle des voisins, partis pour quelques temps chez le grand-père souffrant, à l’autre bout de la ville. Elliott a un passe-partout et sait comment utiliser le tableau de bord d’avion qui sert à activer lumières, jets, remous et température de la piscine high-tech. Et s’il se laissait tenter ?


« Tu rentres tout de suite ou tu viens faire un bain de minuit avec moi chez les voisins d’à côté ? J’ai un maillot de bain pour toi, si tu veux. Tu n’as qu’à sécher le boulot comme je le fais pour les cours… »

Puis, une petite lueur mesquine dans le regard, Elliott ajoute d'une voix fielleuse, fidèle à lui-même :

« Sauf si le petit chaton a peur de la méchante eau... »


Dernière édition par Elliott Shanahan le Sam 31 Mar 2012 - 13:25, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: The forest is breathing along with us tonight... [Absinthe (et Ethan ?)]   Jeu 5 Avr 2012 - 15:21

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MessageSujet: Re: The forest is breathing along with us tonight... [Absinthe (et Ethan ?)]   

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