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 Ivann Mc Dowell

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AuteurMessage
Ivann McDowell
♧ Humain ♧
Policier

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Date d'inscription : 22/03/2010

Nombre de messages : 44
Muffins Muffins : 4

Rapport
Age: 26 ans.
Orientation sexuelle: Seme
Compagnon: Anyel Deist

MessageSujet: Ivann Mc Dowell   Mer 24 Mar 2010 - 0:15

Généralités

Nom : McDowell.
Prénom : Ivann.
Âge : 26 ans.
Race : Humain.
Profession : Flic.
Sexualité : Bisexuel.
Don : Pas de dons bien sûr, puisqu'humain.

Descriptions

Physique : L'homme solitaire prenait son essor dans la clarté de l'aube, virant sur un souffle de vent océanique, en contrebas. La vie n'avait pas fait de lui le simple souvenir spectral d'une culture autrefois édifiante. Dans cet univers vulnérable, il avait trouvé une place. Ô mortel, pour t'abandonner tout à fait à ces plaintes sans mesures, pour t'offrir encore ce qui intente un juste procès et plaide la cause de l'existence commune, contente-toi de te diriger, le coeur palpitant et rassasié de tout, vers les terres du présent. Ivann, tout le monde peut affirmer cette joie éprouvée lors de sa contemplation. Il est évident que la mise en forme de cette matière est lourde de conséquences. Affirmons présentement que tracer le portrait de notre protégé nécessite une grande générosité : la narration ne promet ici qu'éloges et le créateur, une fois arrivé au terme de cette plaisante description ne peut garantir la justesse de ses paroles. Mais, commençons plutôt.

Toute chose privée de formes est destinée à rester étrangère au monde. L'âme prononce sur elle l'intelligence mais privée d'enveloppe, elle reste cette essence discordante qui se limite à quelques théories légères et mal placées. Il faut un corps neuf, un état unique et sans failles, il faut pousser l'être humain à s'en approcher sans cesse mais à n'y toucher jamais. Notre homme pour commencer, dans le visage, plaît à l'oeil. Les jaspes bruns constituant ses yeux, s'ils dardent, ne laissent pas oublier les malheurs d'autrui. Fascinants de par l'effet de brillance produit par le pigment chocolaté, ils anéantissent par la profondeur et la grandeur du regard. A l'égard des us et coutumes du pays dans lequel il vit, il s'est imposé une conduite exemplaire qui lui vaut aujourd'hui toutes les attentions du monde. Mais le moment n'est pas venu de nous égarer en louanges assommantes. Si les lèvres aiment à faire entendre quelques rires malicieux, elle se plaisent également à troubler les zones sensibles des sentiers d'amour. Le lecteur ici ne doit pas s'attendre au silence des vérités lorsque celles-ci parlent en la faveur de l'américain. A cela près, les perfidies, nombreuses à n'en pas douter, facilitent l'échappée vers la dépravation. Arrêtons-nous là en sous-entendus intempestifs : il serait bien regrettable de perdre notre public. Les joues émaciées qui sont les siennes donnent le change, les objets agréables de l'imagination effarouchée du peuple lui font croire qu'Ivann est de faible constitution : C'est une erreur. Bien que mince, sa force et son endurance sont telles qu'il ne cesse de s'abâtardir dans les choses pour lesquelles il est plus ou moins né : l'autorité. Ne se rasant jamais de près, le policier donne l'impression de ne pas faire grand cas de son allure, ce n'est pas entièrement faux, cette fois. Au réveil, l'aspect ne compte pas, c'est à peine s'il prend le temps de se coiffer. Parlons rapidement de cette chevelure qui est la sienne, même si nous n'avons pas grand chose à dire là-dessus. Courts, les cheveux châtains se portent fréquemment vers l'arrière, lorsqu'ils ne se voient guère agrémentés de gel. Le charme naturel émanant de notre homme ne se veut que jouer en sa faveur, quand bien même celui-ci se laisse aller à l'indolence en ne prenant même pas quelques minutes pour soigner un peu sa figure. Le principal est fait et nous tenons dès à présent quelques évidences dont nous ne pouvons nous détacher. Passons à présent, si vous le voulez-bien, au corps.

Beau est un terme que l'homme applique à une infinité d'êtres, voilà donc nos besoins, l'exercice le plus immédiat de l'espèce humaine : La recherche de la beauté vraie. Cette notion est expérimentale, comme beaucoup d'autres mais puisque la coutume l'exige, mettons en avant ces bénéfices physiques qui font notre joie et pourquoi pas, notre prospérité. Ivann n'est, dans un premier temps, ni trop grand, ni trop petit, pour 1m85, il se voit précédé de quelques étendues aux proportions aussi distinctes qu'harmonieuses. Le principe d'unité avec la belle nature demande l'étude la plus profonde et la plus rigoureuse. On conçoit ici que l'homme est agréable à regarder mais sans doute le narrateur se plaira t-il à embellir encore le portrait. Un torse que les maîtresses et amants se sont réjouis à frôler, griffer, mordre même parfois. Ne voyez-vous pas cet étonnant jeu du corps? Cette oscillation sensuelle attise un feu démesuré, formule, fait mine d'embrasser le vide et toujours réjouit : Alors la bouche des convoqués se pose sur la majuscule du " O " . La technique du policier est très au point, il sait comment plaire, comment convaincre. Parlons brièvement du hâle de sa peau : Un avantage qui touche pourtant au dommage. Cet éclat mordoré, souche d'un territoire chaud ne cesse de le rappeler à ses origines. Le silence paraît plus pénible encore que les logorrhées et ses déluges. Puisque nous en sommes à l'enveloppe, venons-en brièvement aux nombreux tatouages qui ornent justement l'épiderme pour en mieux présenter encore la beauté. Il est intéressant d'observer le curieux ballet de grâces d'encre, quartiers de mystères, de codes, d'identité aussi. Les mortels aiment à agrémenter leurs corps de dessins assortis, aiment à y remarquer la présence clandestine de courbes opaques et synthétiques : Ils nourrissent l'oeuvre de leur existence, ils nourrissent l'oeuvre de leur substance. Les doigts, les bras, Ivann sait piquer les yeux des artistes, lui même fait l'objet d'une véritable quête esthétique. Ces tatouages ont une signification qu'il ne s'accorde pas à révéler : ces choses sans gravité ne concernent que lui et sont le fruit de l'audace de la jeunesse. Oh, mais ne nous étendons pas plus longuement sur ce sujet, nous avions promis d'être bref. Si vous êtes encore capable de patience, laissez au narrateur le droit de tracer les suites d'un style vestimentaire fantaisiste. Notre homme manque d'application dans le choix de sa garde-robe. Jeans, T-shirts sans manches, un véritable désordre attractif. Si les prétendants s'attendent à quelques efforts de ce côté-ci, qu'ils battent immédiatement en retraite. Toujours dépenaillé, Ivann a parfois produit sur l'esprit de son entourage un profond découragement. Non, l'humain qui vit seul ne se donne pas le droit de s'attarder sur de pareilles broutilles. L'unique caprice reste sans doute le port de bijoux, bracelets, colliers, chaînes... Tous ces objets, dont ni le destin, ni la forme ne sont encore scellés subissent d'infimes modifications au gré du temps, de l'humeur aussi, qui y est pour beaucoup dans cette affaire.

Morale : La mémoire est souvent la qualité de la sottise : Il est dans la nature de l'homme de s'envelopper de vétusté. Tout ce qui est ancien, tout ce que l'horizon peut embrasser finit, tôt ou tard, par être considéré comme un véritable danger par le policier. Extrêmement affaiblis, les souvenirs de l'histoire vivante qui est la sienne se gardent bien d'être placés au siège de la souffrance. Les ouvrages de sa vie eussent-ils seulement été meilleurs s'ils s'étaient manifestés par la surabondance des idées et des qualités? Assurément non. Ivann n'a jamais touché au contrepoids de ses chagrins : Il a toujours reporté ses maux et a toujours trompé ou détrompé ses faiblesses en s'imprégnant de la seule prospérité. Il faut savoir trouver dans la solitude la création merveilleuse de toutes les jouissances de l'âme. Autrefois, on jugea Ivann assez béat de philosophie pour ne pas regretter ce bas monde de tribulations et de larmes où les destinées d'infortune sont hélas vouées à se confondre. Aujourd'hui, il ne sait plus dévorer le nouveau continent et est incapable de distinguer bonheur et malheur. N'est-ce pas là une contradiction flagrante? Si, la différence étant qu'il ne se plait pas à faire le mal. Il n'y a pas de théorie morale, ce qui importe dans la vie et dans la société est de s'accorder des possibilités pour bien choisir une voie, un but, un sens. Rien ne destinait notre homme à devenir ce qu'il est à présent, mais cela, la biographie vous le dira.

Ivann est incapable de s'en tenir aux mesures qui lui sont imposées et accorde, à cause de cela, une égale importance aux différentes charges qu'impose son emploi et à chaque détail une importance trop grande. Avec cela, nous nous devons d'ajouter qu'il y'a, à n'en pas douter, chez cet homme, toutes les particularités mentales du policier. Se sentant l'âme d'un parfait enquêteur, il ne peut s'empêcher de recueillir un maximum d'informations sur l'hybride dont il a la responsabilité. Il est inutile de chercher à comprendre les évènements pour les bien maîtriser, il ne laissera donc jamais le temps achever l'aventure. Livré uniquement au plaisir de l'indépendance et de la curiosité, il faillit commencer dans un état moins brillant. Il était fort exact à faire l'éducation mais, sans qu'il eût mis fin aux entretiens, il avait trouvé des usages mille fois plus délicieux... Il n'en faut pas beaucoup, de nos jours, pour attirer un jeune homme. Le jeu narquois de la beauté frappe par la justesse de ses notes, c'est amplement suffisant. Non c'est vrai, le public est frivole s'il ne l'a pas deviné : Ivann a laissé à la seule nature le soin d'achever l'instruction de la vie.

Avec une telle personnalité, il est dans la conviction des hommes qu'il n'y a rien que le flic ne puisse faire. Un nouvel hédonisme naquit alors et les jugements demeurèrent inexacts. Les fous...s'ils savaient seulement... Certains ont pensé invoquer le symbole de la réussite, ils avaient tort. Notre jeunesse ne nous est jamais rendue et Ivann, bien que respectueux des conventions scrupuleusement établies à Animalia Kingdom s'est parfois exercé à se cacher la figure pour chercher partout le rêve. Qui peut parler de sa conduite en dehors des heures de travail? Qui peut exécuter le compte rendu héroïque d'une existence faite de désapprobations? Nul mot ne décrit l'éclat sur lequel alterne l'homme, car derrière lui, seule demeure la pensée qu'il fait front tout seul. Cinq cents répétitions, le progrès est chose délicieuse. En outre, le policier n'est pas un authentique sauvage même si, conditionné, comme beaucoup de mortels, dans la succursale de la solitude, il se laisse aller à un excès mental digne de l'illusion chronique. Un chaos social qui laisse entendre ses cris dissonants. Parle t-il? Oui, et uniquement pour appliquer les bienséances. Et là, qui peut se vanter d'avoir bien touché le timbre sensuel de cette voix étrangère? L'être doté de myriades de vies et de myriades de sensations baigne dans un tout autre fleuve, parfois jusqu'à oublier cette existence commune faite de matérialités. En rejetant son visage en arrière, il contemple les cirrus qui voguent au coeur même de la turquoise creuse du ciel d'été. Aussi ne faut-il pas croiser Ivann dans la rue... Le fait est là, il n'est pas tout à fait sérieux. Son âme cingle incessamment vers des terres charmantes, mêlées bien souvent à quelques allures frivoles. L'oreille n'est plus attentive dès lors que l'humain gagne l'extérieur, n'insistez pas.

Attardons nous sur ce fait, voulez-vous? Ivann ne peut dire qu'il est conscient de cette aberration. Bousculez-le, il ne bougera pas, pas avant de l'avoir décidé du moins. Ah ! Un rêve de formes, de présences, de beautés ! Peut-il saisir ce paysage si prodigieusement offert à lui? Non. Le problème est justement là. Les hommes se nourrissent uniquement de la présence visible. Pas lui. L'agent est véritablement à la recherche de l'idéal moderne dans cette rude bataille pour la vie. L'époque bornée et si grossièrement populaire dans ses objectifs n'a en rien annihilé cette influence romanesque. Observez-le lier les mains, hausser le sourcil et se figer dans le plus profond émerveillement face aux créations familières. Vous aurez maintenant, chers lecteurs, la certitude que notre homme donne lieu à d'étranges conjectures. Ainsi soit-il. Il y'a des opérations d'une longueur extrême, cette identité sans suite nous donne avec une exacte précision le lavis du changement. Les humeurs varient, l'homme insensible alors se meut dans le détachement et si les rapports avec ses confrères sont nécessaires, il prend un soin tout particulier à les éviter. Ivann sait parfaitement bien faire preuve de sagacité lorsque les ennuis se présentent à lui. Nous évoquions ses collègues. Le policier a eu, à la suite d'occasions nombreuses, la "chance" de remarquer l'absence de tact et la seule aspiration à la douleur de la part de ces derniers. Qu'ils sont glorieux ces criminels, abusés par le seul usage de force. Ivann sourit, s'esclaffe même parfois en les voyant procéder. Sont-ils partagés entre le travail et l'instruction ces forcenés? Ne devraient-ils pas un jour, goûter à l'éducation? Inutile d'accabler d'outrages et d'injustices si l'on sait y faire avec le langage. La phrase est stupide mais elle est l'assertion la plus sincère et la plus vraie jamais écrite depuis le début de cette narration.

Vous

Pseudo : Je préfère le taire, mais certains aiment à me nommer: Ad'.
Age : Vingt ans.
Comment vous avez découvert le forum : Grâce à mon fidèle ami Anyel.
Code : Plante vivante hallucinogène.


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Ivann McDowell
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MessageSujet: Re: Ivann Mc Dowell   Mer 24 Mar 2010 - 0:28

Histoire :

: Infirmière du centre hospitalier de Miami.
: Harrow McDowell
: Jessica McDowell
: Ivann McDowell
: Rachel


Rite de passage.

~Année 2039 : Mois de Septembre~

* Mère, je t'aime tant, tu as mené à bien la tâche la plus éprouvante, la plus importante qu'il n'a jamais été donnée aux mortels. Tu te souviens n'est-ce pas que cette nuit là, tu t'étais allongée sur le dos...tu avais fermé les yeux mais n'avais jamais trouvé le sommeil? Le bastion de la vie avait encore eu raison de la matière et je suis venu au monde, pour toi, pour lui, pour affranchir votre existence du joug de la solitude. Dans le fond de ton coeur, je sais pourtant que tu me hais et que tes remords te suivront comme autant de furies et qu'alors... tu espéreras les adoucir par d'autres barbaries. Mon univers se coule maintenant dans le moule de ta bouche. Regarde, regarde ce que tu as fait de moi. Cette beauté d'eau pure contenait tous les éclats d'amour, mais ton détachement, ton retrait, ton rejet ont tout anéanti. *

- McDowell, Harrow McDowell?

- Oui...?

- L'accouchement s'est déroulé à merveille. Vous êtes papa. Veuillez me suivre maintenant, votre femme vous réclame.


Il n'y a pas de rappel, le succès est cuisant, et tout cela à cause de l'angoisse qui a précédé la proclamation. Son propre camp, scindé en deux a produit sur l'esprit du père une délicieuse accalmie et l'image tendue du nouveau né a enfin permis de démontrer la scission entre la tendresse et l'inquiétude. Tu pleures? Pourquoi? C'est à elle de le faire, c'est à elle de murmurer les réjouissances d'amour. Ah...du Shakespeare? " Le silence est l’interprète le plus éloquent de la joie." Faux. Aberration, absurdité, cette femme là n'a jamais aimé le jeune Ivann. Il fallait néanmoins prouver au monde entier que l'humanité ci contre était unie, que les fidèles périraient ensemble si nécessaire. La petite chambre de l'hôpital du centre reste plongée dans un mutisme incommodant. Le Grand Chaos semblait avoir laissé sa trace sur ces âmes en peine. Quel merveilleux jour pourtant ! C'était un temps où il fallait persister à souffler les mots d'amour et de bonne fortune, un temps où les chroniques devraient parler aussi des silences qu'imposait l'ineffable apparition. Mais pourtant, elle se taisait toujours, l'implacable Jessica, posant sur la croisée un regard diminué, retiré du sillon mortel de l'acte le plus grave de sa vie. Ce concours de circonstances avait décidé de l'aller faire mourir au soutien d'une cause qu'elle n'aimait pas. C'était une scène étrange qui s'était probablement déjà répétée pour d'autres et qui remettait en considération les principes affectueux et nuptiaux. Harrow souriait, berçait la chair fragile d'églantine entre ses bras vigoureux, il était charmé le pauvre, réjoui enfin d'une progéniture prétendue et encensée. Ils s'étaient tant battus pour avoir cet enfant... Mais elle...elle...avait-elle seulement aimé son époux? Il n'y avait eu ni rapt, ni violation de la loi, ce mariage n'avait été que le mauvais côté de l'ouvrage : le consentement de la Dame avait été facilement obtenu, trop facilement obtenu...

- C'est un garçon, comment veux-tu l'appeler ma puce?

- ...Je ne sais pas, je pensais qu'il s'agirait d'une fille, je dois avouer...être un peu prise de court...

- Ne t'en fais pas, nous n'aurons qu'à changer la tapisserie de la chambre. Et puis, c'est toi qui a voulu attendre le jour J pour savoir. Ah, vois un peu comme il est beau...Que penses-tu...d'Ivann pour prénom?

- Je sais Harrow, je sais... I-vann? Très bien, nommons-le ainsi.



* Les révolutions amoureuses, comme les fleuves, grossissaient dans leur cours. J'avais bon espoir mère, de te voir porter un jour sur moi un sourire, le temps au moins de guérir l'asthénie qui ne cessait alors de me ronger. Ce 12 septembre, je suis né : Un charmant préambule à la rivalité. Tu n'avais pas ces honneurs et ces tendresses de la mère de famille. Souvent séparée de moi, adverse de mes lettres, le regret de porter ton nom ne m'étais pas opprobre. J'étais ta permanente infirmité, le contremaître de ton asservissement, le germe de tes malheurs...car tu ne m'as jamais voulu. *


Parallèle d'Enfance et d'Adolescence.

~Année 2039 => 2054~

Il commençait à tourner les yeux vers sa terre natale : Miami, ville connue pour son activité cyclonique. Il était vrai qu'enfant, Ivann n'avait jamais eu à se soucier de ces choses et pour être tout à fait honnête, il s'était même plu à rester au dehors, guettant l'approche mortelle, l'heure où la Révolution atmosphérique s'opérerait et abattrait ces remparts à l'impudence et à la suffisance. C'était Harrow qui le rappelait toujours à l'ordre, fractionnant les premières déflagrations orageuses en admonestations réitératives. C'était un fait, il avait toujours été protecteur envers son fils, peut-être parce qu'il n'avait pas eu la chance, comme d'autre ménages, de voir l'arrivée d'un petit frère ou d'une petite soeur. Non...Jessica ne lui offrirait pas un deuxième enfant. Ivann se souviendrait toujours, de l'air faussement triste et moqueur, de la parole froide, de l'intonation monotone et plus encore du geste insensible. Vipère au poing, c'était bien cela, elle lui faisait penser au personnage du roman d'Hervé Bazin, cet auteur français mort en 1996... Elle correspondait à la description : froide, exacte dans ses manoeuvres qui consistaient seulement à déprécier sa progéniture. Le petit garçon qu'il était à l'époque s'amusait sans cesse de la vivacité de la "bête", trouvant les moyens les plus appropriés pour caresser l'aversion sensible à son égard. Au premier jour d'école de son sixième printemps par exemple, il se souvenait clairement avoir attendu la journée entière sur un banc, décomptant les minutes, les secondes qui le rapprocheraient de la farouche pénalité. Pourtant, lorsque les agents de police s'étaient présentés dans le parc le soir, il n'avait pu apercevoir que la silhouette agitée de son père, soulignant mieux que n'importe qui d'autre la correction à venir. Où était-elle? Un vague soubresaut s'était emparé de son corps lorsque la poigne puissante d'Harrow avait cramponné son épaule, le ramenant à la certitude amère qu'elle ne viendrait pas le chercher. * Que suis-je donc? Que suis-je donc pour toi...? Un obstacle, une barrière à ton autonomie? Explique-moi, explique-moi car je deviendrai fou. * Elle ne lui accorderait jamais une telle faveur, en six ans de vie commune, elle ne l'avait jamais fait, cela ne changerait donc pas de sitôt. Un enfant...n'a jamais les parents dont il rêve disait le dicton, Ivann l'appuyait. Dieu qu'il aimait son père pourtant ! Lui qui opérait toujours l'hygiène de l'âme, le repos de l'esprit... La naissance était un hasard, l'amour en était un autre.

____________

Maintenant venait l'aube de son huitième anniversaire, un jour étourdissant pour l'enfant qui attendait enfin l'union familiale. Ils s'assiéraient tous trois autour de la table endommagée du salon, riraient de cet évènement fabuleux. Ivann grandissait, s'embellissait, devenait le portrait craché de son père, comme si les Dieux avaient joué en sa faveur. Il espérait encore, quêtait les regards, les paroles douces de Jessica. Qu'il était naïf l'enfant... S'il avait su. Il lui avait bien semblé déceler l'inquiétude et l'agitation chez son père mais il n'expliquait pas ces états, trouvait même le moyen de les mettre sous le compte de l'émotion. Quel imbécile vraiment... Les deux s'étaient assis en face de lui, Jessica avait envoyé un léger coup de coude dans le bras de son époux, l'incitant silencieusement à prendre la parole. Elle garderait le silence durant toute la durée de l'audition.

- Ivann? Je sais qu'aujourd'hui est un jour "particulier", mais ta mère et moi avons quelque chose à t'annoncer.

Le garçon haussait un sourcil, posait la cuillère l'air évasif, il commençait à comprendre, à comprendre que quelque chose n'allait pas.

- Quoi donc papa?

- Tu sais, les histoires des adultes sont parfois très compliquées. Les gens se rencontrent, s'apprécient et s'aiment mais parfois...quelques affaires viennent troubler cet état paisible des choses...

- D'accord mais qu'est-ce que cela a à voir avec moi...?

- Et bien... Ta mère et moi sommes ensemble depuis plus de dix ans maintenant...mais à présent, nous ne nous entendons plus vraiment, c'est pourquoi nous avons décidé de divorcer. Oh mais ne t'en fais pas, toi tu ne bougeras pas d'ici, rien ne changera, tu pourras rendre visite à ta mère, je suis convaincu qu'elle sera ravie de te recevoir. Pas vrai chérie?


Et pourquoi continuait-il à lui donner ce titre cet inconscient? * Tu l'aimes, tu l'aimes encore n'est-ce pas? Alors pourquoi jouer la comédie? * Lentement, tout prenait un sens, les absences prolongées, les amorces à la fréquentation : Elle avait trouvé quelqu'un d'autre. Etait-ce elle maintenant qui prenait la parole? Bien sûr, et le fait venait d'arracher un hoquet de surprise au jeune Ivann, le faisant même reculer sur sa chaise.

- Non Harrow, c'est moi qui viendrai, tous les 1ers du mois, m'assurer qu'il va bien.

Et voilà, il suffisait d'une parole pour entrer dans le champ de bataille. Partout, les canons renversés, les soldats expirant ou expirés. En traversant la terre labourée, Ivann y restait enfoncé : Si jeune, face à elle, il n'avait aucuns moyens de résistance. Aurait-il protesté que la Dame l'aurait fait taire par d'autres diableries. * Je ne veux pas te voir, je ne veux plus te voir, tu le sais n'est-ce pas...? Mais tu ne feras rien...pour apaiser le mal. Tu préféreras me conduire au trépas, m'anéantir par des usages pénibles. C'est ainsi, donnes moi le temps de grandir et je me chargerai de ton cas. En attendant, soyons unis encore, ma mère, dans la dissension. *

____________

Sept ans, sept ans s'étaient écoulés depuis ce jour et Ivann était aujourd'hui âgé de quinze ans. Aux applaudissements de quelques spectateurs se substituaient les rires et les sifflets des autres. Une histoire...qui ne valait pas la peine d'être vécue. Le calvaire de l'acteur était inouï et la carcasse se traînait, tant bien que mal, jusqu'à son point final. Tout cela était très pathétique mais il fallait poursuivre. Douze fois par an, il recevait ces visites, ces préludes à la fureur. Il fallait endurer, repousser toujours l'indéniable. Maintenant, il ignorait comme elle, charmant jeu de scène où la débandade était maîtresse de survie. Leurs entretiens ne duraient jamais plus de deux heures et se déroulaient toujours en début d'après-midi. L'endroit était toujours le même, le " Next Cafe " sur Miami Beach. Quel endroit fabuleux, d'ailleurs, on y disait souvent : " Next time, you want a portion of paradise. " A croire les deux cherchaient toujours à masquer l'évidence sous quelques glorieux artifices. Ils ne se querelleraient jamais là-bas, l'endroit était trop fréquenté, une aubaine. Ils ne se disaient jamais au revoir, comme agiraient de parfaits inconnus, quelle idée vraiment... Ivann rentrait toujours à l'heure du dîner et trouvait Harrow qui s'évertuait à préparer la bectance en cuisine. L'adolescent s'adossait à la porte et l'observait longuement, souriant parfois en devinant les difficultés du vieil homme. Alors il s'approchait et posait une main sur son épaule, lui ordonnant gentiment de quitter cette place qui n'était pas la sienne et de le laisser faire. Lorsque les deux passaient à table, ils parlaient affaires, riaient, traçaient l'avenir du jeune garçon. Il serait policier : Il permettrait à d'autres de survivre encore aux temps éprouvants. Il était bon élève, les enseignants voyaient en lui un modèle de réussite, en outre, il irait loin dans la vie, ou presque, car ce métier là n'était pas des plus huppés.

- Alors Ivann, plus que quelques mois avant ton concours d'entrée dans la police, tu n'es pas stressé à cette idée?

- Absolument pas, pourquoi?

- Oh non, pour rien ! Je suis seulement rassuré de te voir si paisible, c'est comme si l'assurance faisait partie intégrante de toi. Je crois que tu tiens cela de Jessica, ce côté rassuré de tout...

- De Jessica? Alors tu trouves que je lui ressemble?


Un sourire de la part du père, bien sûr, il ne comprenait pas ce que cela signifiait. Il n'y était pour rien dans cette affaire mais la confidence réanimait le trouble, soudainement, il étouffait.

- Bien sûr car même si elle ne vit plus avec nous...elle reste tout de même ta mère.

* Tu vois mère, je suis finalement tien, quoi que tu puisses en dire. Alors tu continueras d'avancer sans moi tout comme je continuerai d'avancer sans toi. La tendresse tue, l'absence de tendresse assassine. Je t'attendrai ma mère, au détour des âges avancés et lorsque le moment sera venu, je t'enchaînerai dans le sang. *

Hommages à la souffleuse.

~Année 2054 => 2063~

- Je peux te parler?

C'était son troisième et dernier mois d'école nationale de police, il n'avait rien fait pour éviter ce malentendu. Les problèmes semblaient venir toujours à lui, quoique cette fois, autant l'avouer dans l'immédiat, il était pleinement responsable. Si on avait vu ce qui s'appelle voir, les visages se seraient probablement installés sur les lueurs de joies artificielles. Ivann n'avait jamais cherché à se bien mesurer et à inclure à son comportement les touches universelles d'obligeance en présence de la somptueuse gente féminine. Aujourd'hui, il en payait le prix. Ce cercle pléonastique de vengeance à l'égard des femmes ne le quitterait jamais et il répandrait sur les coeurs ces horreurs dévastatrices du jeune âge. C'était, en somme, ce qu'il avait fait, en toute connaissance de cause. Rien ni personne ne pouvait contenir cette aversion cinglante. D'abord il s'était contenté de se méfier et puis, lorsque les premières exultations de monstruosité vinrent à lui, il changea la note, avilissant, sans cesse, ces beautés sans nom. A la maison, rien ne se passait comme convenu, Harrow était tombé malade, quelques semaines plus tôt, et le jeune homme se devait à présent d'ajouter à ses études un emploi à temps partiel qui permettrait aux deux hommes d'arrondir les fins de mois. Et Jessica? Oh, tout allait bien pour elle. A ce qu'il avait pu entendre, elle venait d'obtenir une place dans la firme de son nouvel époux. * Pauvre sotte, c'est donc uniquement pour le fric que tu t'es tirée... * C'était sans importance, il ne tarderait plus à la voir, une semaine pour être bien précis, il tâcherait de régler les comptes à ce moment là. L'heure n'était néanmoins pas à ces gaudrioles.

- Oui, mais fais vite s'il te plaît, j'ai à faire.

Vraiment...il ne s'était pas rendu à la bibliothèque ce jour là pour discuter. On imaginait facilement le déroulement du récit maintenant. Rachel était une jeune fille...tout à fait charmante qu'Ivann avait eu la chance de rencontrer durant une sortie pédagogique quelconque. Il était vrai qu'elle n'avait cessé de lui faire de l'oeil et, bien entendu, l'avancée ayant été des plus instantanées, le mot d'ordre fut donné, le soir, pendant que les deux tournaient le dos au soleil pour faire leurs négoces. Etait-il homme à se protéger? Certainement pas, ou alors, en tout dernier recours.

- Ivann...je suis enceinte.

Ah ! Cet homme qui connaissait si bien l'amitié, cet homme chaud et de velours enveloppé, n'était-il pas finaud dans ses manoeuvres ? Cette barbe naissante, ce sourire qui serpentait dessous, ce ton insolent, cassant et cette façon qu'il avait de s'assurer dans ses bottes, ne souffrait-il pas d'attendre l'effacement de cette aventure? Il se demandait bien ce qu'il y avait à voir ici. Rien bien sûr puisqu'on ne disposait pas de tant de diversions sur terre. N'espérait-il pas, à présent, voir naître les larmes sur ce visage gracile...? Assurément oui car au moins n'aurait-il pas perdu son temps.

- Tiens donc... Et qu'est-ce que tu veux que cela me fasse?

- Ne te moque pas de moi ! Tu sais très bien que cet enfant est le tien !

- ...Le mien? Tu plaisantes j'espère? Un enfant se conçoit avec l'amour des deux aventureux or, je ne t'aime pas Rachel, si j'ai couché avec toi...
L'éternel sourire se dessinait sur ces lèvres malicieuses, musiciennes d'adversité. ...c'était uniquement pour passer du bon temps, d'ailleurs, tu n'es pas si mauvaise tu sais, avec combien d'autres as-tu passé tes nuits d'étudiante exemplaire?

- Espèce de...! Comment peux-tu dire une chose pareille !? Qu'est-ce que je vais faire moi maintenant !!?

- Et tu ne sais pas quoi faire en plus? Pauvre Dame... Mais dis moi, cet enfant, en veux-tu au moins?

- Bien sûr que non !! Comment veux-tu que je m'en occupe !? Je n'ai pas l'argent nécessaire pour cela !


Tiens? N'était-ce pas là un étonnant, quoique inédit, retour aux sources? Alors c'était vrai, les femmes se ressemblaient toutes, pauvres victimes miséreuses au coeur insensible? Il était, à son tour, le bourreau, comme Harrow bien des années plus tôt? Qu'avait-il raté cette fois? La conversation serait infinie, il fallait qu'il abrège ou le texte occuperait le public encore un demi-siècle. Et puis maintenant, il lui semblait deviner le reflet turpide de Jessica dans les iris azur de la belle.

- ...Je vois. Alors, s'il te reste un soupçon d'indulgence à l'égard de ce bébé, avorte. Les femmes comme toi ne sont pas faites pour assumer leur part de responsabilité dans ces instants. Tu me crois seul coupable? Et bien soit, je ne t'en veux pas tu sais car au final, tu restes la plus à plaindre. J'espère simplement, que tu n'auras jamais à endosser le rôle de mère car tu en es indigne.

- Hé ! L'opération n'est pas gratuite, tu y mettras le prix !

Ah, il aurait préféré s'endormir en transcrivant une sorte de commentaire de l'Apocalypse mais enfin, pour se débarrasser de celle-ci, il fallait bien s'accorder à résoudre, une bonne fois pour toutes, ces dettes. Il se levait maintenant, récupérait les effets, éternels compagnons de route, s'abaissait un temps pour saluer la belle avant de répondre :

- Mais certainement. Tu as le numéro de chez moi je crois, nous réglerons les derniers détails par téléphone. Adieu Rachel, j'ose espérer que ton parfum si enivrant me suive dans mes prochaines aventures.

* On ne voit jamais les choses en plein. Si l'on avait vu que la hauteur et le silence de Rachel, peut-être aurait-on pu en garder de l'aigreur. Le reste, quand on y pense, était tellement sympathique que la vision prosaïque en demeurait à pic. *

____________

Ivann n'avait pas eu les honneurs de la présence de Jessica une semaine après cet entretien mouvementé avec la délicieuse Rachel. La raison était simple, les affaires prospérant à une allure folle, la génitrice se voyait arracher les joies du temps libre. C'était navrant, car la fois là, il aurait aimé la frapper par l'élégance de la diction... Plus ce qu'il disait était faux, plus il s'exécutait avec une hardiesse abominable en exagérant certains aspects de la nature humaine. Il s'apercevait alors que pour ne pas paraître vulgaire aux yeux de la Dame, il fallait surtout qu'il se garde bien de faire paraître les idées simples et désuètes de son éducation défectueuse. Il continuait donc ainsi, cherchant le succès ou, comme d'accoutumée, l'indifférence dans les yeux de cette chère Jessica. Au final, sa vie était moins affreuse que s'il passait ses journées dans l'indolence souveraine de l'inaction. Environ six mois s'étaient écoulés depuis l'épisode précédent, il fallait croire que l'ex-femme et mère ne trouvait plus de périodes de suspension avec son nouvel emploi... Mais enfin, aujourd'hui il devait se rendre directement chez elle. La chose n'avait pas manqué le surprendre et il avait hésité d'abord à se rendre dans la splendide demeure située à l'écart de la grande ville. Chaque minute s'étirait à l'infini, chaque seconde se figeait d'immobilisme. Ivann avait le sentiment d'être emprisonné dans une soie visqueuse. Ne pas voir le fleuve sinistre du passé car il s'arrangeait toujours pour ne pas le traverser de nouveau, était la seule solution à ses problèmes. Pourtant, tout remontait en une rafale mugissante de rappels corruptibles. Pourquoi ne parvenait-il pas à calmer ses tremblements? Cette consultation...ne s'annonçait pas d'or et d'argent. Qu'est-ce que cela importait de toute manière puisqu'il comptait bien porter un regard accusateur sur ces innovations évaporées. Elle s'éloignait encore, tâchait d'oublier qu'elle avait un fils, mais s'il la visitait à ce jour, c'était bien pour proclamer ses attentes hypocoristiques. * Je n'en peux plus de te voir me fuir, tu m'expliqueras maintenant, la raison d'une telle échappée. * Il était arrivé au pied de l'immense résidence, avait sonné, une vague lueur d'hésitation vrillant ses iris marqués encore par une fatigue accumulée au cours des dernières semaines. Un vieillard s'était présenté à lui et comme il se sentait trop las pour répondre une fois la porte refermée derrière lui, il s'était contenté de grimper les escaliers conduisant aux étages. De nombreuses chambres, il en dénombra six ou sept, et lorsqu'il fut enfin entré dans la bonne, il ôta sa veste, saluant, comme il se devait de le faire, l'arrivée de Jessica.

- Ah ! Te voilà enfin, tu en as mis du temps ! Assieds-toi, nous avons à parler.

- Bonjour Jessica. Navré...tu n'habites pas la porte à côté non plus. C'est à Allan tout ça? Magnifique vraiment, on peut dire que tu roules sur l'or maintenant...

- C'est à nous, nous travaillons tous les deux. Dis moi, j'ai été contactée par une certaine...Da Silva Rachel. Tu peux m'expliquer?

- Ah...parce que mes affaires te préoccupent maintenant?

- Ne te fiche pas de moi Ivann ! Ce que tu as fait est grave, tu n'as pas encore remboursé cette petite pour l'opération, non mais vraiment à quoi penses-tu !!?

- ...A mon concours à venir pourquoi? D'ailleurs celui-ci s'annonce bien difficile si c'est ce que tu veux savoir.


Elle le regarda avec incrédulité, chassa faussement les mouches d'un geste de la main, ses lèvres tremblaient, c'était assez amusant pour une fois. Mais la colère s'insinuait comme un poison mortel, elle aussi s'était revue dans ce mouvement fugace d'infortune. Rachel était, en somme, le pâle écho à l'existence profanée qui avait jadis été la sienne. La seule différence étant...que la demoiselle avait été plus ingénieuse en daignant bien vouloir avorter.

- Arrête ça tout de suite ! Tu te crois drôle !? Bon sang ! J'ai l'impression de revoir...ton pourceau de père ! Tu te rends compte...que tu viens de ruiner l'avenir de cette fille !!?

Là, voilà quel avait été le mot de trop. S'était-il senti se lever de sa chaise? Non. Pourtant, les doigts encerclaient déjà le cou délié de celle qu'il avait essayé, autrefois, d'appeler " mère ". Sa cigarette s'était échouée sur le sol, rien, il n'avait rien vu venir mais pourtant...quelle volupté, quelle union des deux corps. * C'est donc ainsi que je peux te posséder? Alors laisse-moi t'enlever. * Le plâtre s'effritait au sol et le parquet s'enfonçait par endroit. L'étreinte mortelle s'opérait sans que personne ne puisse venir voler le fruit de son labeur. Jessica se laissait tomber au sol, cherchait à se défaire de cette emprise infernale en épousant les deux gants mordorés de ses mains opalescentes. Le ciel, à l'extérieur, semblait soudainement d'anthracite, cette émanation meurtrière s'élevait donc superbement, fleurissait, s'accouplait encore à d'autres. La chair devait être cachée aux regards pour ne pas être prise par un autre. * Là, regarde, je t'épouse enfin, maman. *

- Alors c'est ça, je suis une erreur, pas vrai? Harrow qui s'est saigné aux quatre sangs pour toi, l'as-tu seulement aimé !? Répond !!

- ...A-arrête..! Tu m'étrangles !

- Et tu oses le traiter de la sorte ! Sais-tu seulement combien il s'est battu pour toi !? Tu veux savoir où il est maintenant? Je vais te le dire, entre la vie et la mort à pleurer encore le départ d'une femme qui ne l'a jamais porté dans son coeur !


Il pétrifiait la gorge de crampes, dans ce rapprochement fugace, là où les haleines qui condensaient aux fenêtres roulaient en gouttes taraudantes d'inimitié. Les vies étriquées se déroulaient dans la hargne de la fatalité et restaient étrangères les unes aux autres. Aujourd'hui, il allait en prendre une, ôter à cette fourmilière infinie d'âmes cette consonance grave de cruauté. Les ongles extorquaient la peau d'albâtre, volaient un peu de cette chaleur qu'il ne lui avait jamais été donné de connaître. Voici un feu qui réchaufferait son corps et remplirait la pièce de sa belle lumière. L'aliénation meurtrière s'introduisait partout, traquait l'âme ébranlée et favorisait cette rupture. Maintenant, il ne pourrait plus se défaire de cette condition de criminel. L'existence dévoilait donc son ignominie dès lors que la réalité reprenait le pas sur les distractions périssables. Pas de remèdes d'apothicaires possibles, pas de spécialistes reconnus, il s'était laissé entraîner dans cette haine sans fond. Et puis bientôt, l'atelier semblait silencieux, les râles de la créature traumatisée venaient encore troubler le néant de sa conscience. Il lâchait prise, effleurait la joue, la tempe. Rien. Alors cette perte semblait douloureuse. Qu'avait-il fait? Il agita le corps sans vie, d'avant en arrière, tirait à sa propre hébétude quelques effroyables conclusions : Il venait de tuer sa propre mère. Il scruta les voûtes fuligineuses du plafond, écouta le craquement de l'escalier qui annonçait que le prétendu domestique quittait son appartement pour l'atelier de cuisine. La moue nauséeuse se dessinait sur son visage. Jessica le regardait, le menaçait de plonger dans un gouffre qui l'engloutirait à chaque instant. Qu'était-ce donc...que ce regard? Il n'avait connu qu'indifférence, s'était pris souvent à rêver de défaire la situation ou de trouver une justification à l'attitude de sa génitrice et maintenant...elle le contemplait, dans son repos, avec terreur..? Il recula, laissa retomber le corps sur le sol. Il s'était cru investi par elle...que pouvait-il prétendre être maintenant? Là si proches, les ciseaux de couture. Bientôt, la plongée sublime au coeur des deux excavations, le sang afflua alors sur ses mains. Il était donc incapable, de tuer proprement. Jessica, non contente de l'avoir réduit à l'immobilisme, l'avait confiné à cet état de carence affective. Mais si un cauchemar prenait fin, un autre débutait, dans l'ombre, car si la mort n'était pas un mal, l'approche de la mort, elle, en était un.

____________

Notes de journal, datées du 20 août :

Citation :
La partie à laquelle je m'étais le plus attaché, et où je m'étais éloigné le plus de la route commune, était la fuite. La mienne avait été accentuée d'une façon toute nouvelle, et marchait avec le débit de la volonté vraie. On n'osa laisser cette horrible innovation s'ébruiter, car l'on craignait qu'elle ne révoltât les oreilles des gens honnêtes. Dans le quartier, la nouvelle avait fait vite d'être portée au rang d'esclandre et cet éclat, très vite, devrait être étouffé, pour ramener la tranquillité au devant de la scène. Le lendemain du meurtre, je me souviens que les flics sont venus réveiller toute la maisonnée. J'avais été mené au premier poste voisin, et il m'était très clair que l'homme qui m'interrogeait parlait si savamment de l'oeuvre que j'avais orchestrée qu'il m'était impossible de bien débiter quelques propos mensongers. Le silence alors, avait été de mise, puisque j'avais devant mes yeux, sans le connaître, ce spectateur singulier tant alerté de mes moindres faits. Toutes les charges étaient dirigées contre moi, il y'avait trop de preuves, je n'avais pas travaillé proprement, et j'en payais bien vite le prix. La pièce fut très mal jouée, car son aboutissement ne me conduisait qu'à l'emprisonnement forcé. Des semaines, des mois, des années peut-être, et je me suis évadé. Je devais quitter l'Amérique. Une opération qui n'était guère facile, et si je suis parvenu jusqu'aux frontières britanniques, j'ai été bien vite repêché. Putain, j'aurai tout fait, pour ne pas retourner au trou. J'entendais encore autour de moi les cris de nombreux détenus, je voyais les objets, tranchants, que l'on se passait parfois au réfectoire, pour éliminer un prisonnier jugé trop crapuleux. Qu'importe, lorsqu'on demandait, on répondait simplement que quelque part, cela rendait service à l'état. Tu sais ce que c'est, être seul, et livré à toi-même? Ne fais confiance à personne, là-bas, ne te rallie pas à une cause, ou tu en crèveras. Non, je savais que je n'y retournerai pas. Là-bas, ils m'ont conduit dans des vieux docks, pas vraiment l'endroit pour accueillir un immigrant, et trois personnes se sont mises à m'interroger. Parmi elles, il y'avait un américain, qui avait toute connaissance de mon dossier. Il m'a parlé de mes études de policier, m'a grandement asservi à son opinion des faits: il était subjugué des prouesses que j'avais révélé lors de ma préparation. Dans la curiosité dont j'étais l'objet, je répondais à la moindre de ses interrogations. Il y'a eu une longue délibération, des heures qu'ils m'ont fait attendre sur une chaise ces cons, et je les ai vu revenir, gravité inscrite sur leurs visages. Quoi? Ils voulaient me rapatrier? Me ramener au pays, et me conduire aux couloirs de la mort pour mon manquement aux règles? La perpétuité, je ne m'y serai pas habitué de toute façon, alors tant qu'à choisir... Rien de tel pourtant. Ils m'ont parlé d'une ville, et de ce que l'on y faisait. Je n'ai que de maigres connaissances en génétique, et tout ce que ce scientifique disait, cet anglo-saxon dont la physionomie annonçait un homme de mérite, me sortait bien de la tête. Merde, des hybrides? Mais qu'est-ce qu'il me chantait cet abruti? Animalia Kingdom, tel était le nom de cette cité. Je n'en avais jamais entendu parler, dans ma Miami natale. Ils manquaient de flics là-bas, à ce qu'il disait, et si j'avais bien saisi ses dires, il y avait ceux obéissaient, et ceux qui se soulevaient, les rebelles, comme ils les nommaient là-bas. Et puis quoi? Ces trois types m'ont tenu au silence, et le dernier enfin, s'est mis à me parler. Un larbin du gouvernement anglais, il voulait bien mettre les choses au clair. Si j'en venais à accepter, je ne devrais pas parler, et je pourrai ainsi jouir d'une liberté conditionnelle sous grande surveillance. Je devrais traiter un dossier, exécuter, si besoin est, une cible. Putain, ils me croyaient fait pour ça ces enfoirés. Après tout, un type qui a tué sa propre mère peut bien tout faire... Quand tout fut mis au point, et que l'on me proposa le voyage vers la ville ésotérique au lendemain, j'acceptai. Cela fait six mois maintenant, que j'ai été implanté dans cette municipalité. Outre mes entretiens particuliers, chaque semestre, avec mes curieux délégués, la vie au travail est plutôt facile. Je patrouille dans la ville, j'embarque les hybrides qui me paraissent un peu louches, et je remets sur le droit chemin les quelques récidivistes. J'ai vu de tout... Des hommes oiseaux, chiens, serpents et j'en passe... Il y'a de quoi devenir dingue. Et le plus fou, dans tout ça, est que je fais partie de la minorité ethnique. Je suis celui qui n'est pas doué de normalité; J'en vois pleins de ces êtres, me scruter avec curiosité, affolement, ou mépris, c'est ahurissant. Mais tout cela ne compte pas. Il n'y en a qu'un, qui m'intéresse, c'est d'ailleurs ce pour quoi j'ai été envoyé ici. Je n'agis aujourd'hui pas de mauvais gré, et si le mystère qui plane autour de ces lieux me révolte encore, je n'ai d'yeux, et d'oreilles, que pour celui que je me dois désormais de leurrer: Anyel.





Dernière édition par Ivann McDowell le Ven 4 Mar 2011 - 18:58, édité 4 fois
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MessageSujet: Re: Ivann Mc Dowell   Mer 9 Juin 2010 - 17:20

    Très belle fiche, c'est avec plaisir que je la valide puisque je ne vois rien à y redire !

    Je t'ajoute dans ton groupe (un humaiiin o/) et tu peux aller jouer !

    Amuse toi bien <3
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