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 Nathanael Keeley.

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MessageSujet: Nathanael Keeley.   Jeu 11 Mar 2010 - 22:54

Généralités

Nom : Keeley.
Prénom : Nathanael.
Âge : 17 ans.
Race : Hybride méduse.
Profession : Étudiant.
Sexualité : Uke.
Don : Aucun, à moins que les capacités intellectuelles élevées soient vues comme un don.

Description

Physique :

Jeudi 3 décembre. 9h37.
L’aube et ses haillons de brume morte se coulent contre les vitres épaisses de ma salle de bain. Blanc. Blanc partout. A en devenir fou. Le sol est blanc. Les murs sont blancs. Le plafond est blanc. Mes doigts sont blancs. Mes mains sont blanches. Mes bras sont blancs. Je suis blanc. Blanc. La buée de la petite pièce saturée de lumière hivernale s’englue dans mes cheveux engoncés d’eau. Blanc. La vapeur lourde et chaude m’écrase les poumons Blanc. Mes membres tremblent, le sol fuit sous mes pieds, les murs ondulent devant mes yeux. Blanc. Vertige. D’un blanc aliénant.
Le carrelage s’ouvre sous moi et je tombe à terre. Douleur. Sur ma peau blême s’étalent déjà une myriade de bleus et d’hématomes violacés. Je me relève. Comme tous les jours. Le miroir embué de la salle de bain ricane en face de moi, me renvoyant un reflet qui m’écœure et que je ne connais que trop bien. Mon corps est aussi blafard que celui d’un mort. Nausée. Sous mon épiderme marqué se profilent des os trop fins. Haut-le-cœur.
Je ne suis pas beau, je le sais bien. Les silhouettes floues dans mon dos me l’ont répété bien des fois. Je ne suis pas beau. Je suis bizarre, peut-être même laid. Mon corps est trop fragile, trop abîmé. Mes cheveux sont trop bleutés, trop violacés. Ma peau est trop pâle, trop morbide, et mes lèvres gercées et ensanglantées y dessinent un tracé malsain. Mes yeux sont trop blancs. Trop vides. Je ne suis pas beau, je le sais bien.

Jeudi 3 décembre. 9h41.
Ma chambre de petit appartement d’étudiant est rangée. Le parquet ne grince pas, les rideaux sont bien tirés, le tapis parallèle au lit. Je frissonne. L’air frais lèche ma peau nue et encore un peu humide. Mille et une aiguilles de métal rouillé se plantent dans mes muscles. Les ridules du plancher en bois ondoient langoureusement sous mes pieds. Dans la pénombre apaisante de la pièce, je saisis dans l’unique placard une chemise et un jean. Noirs. Pour cacher les reflets nacrés de ma peau de noyé. Je suis en retard.

Jeudi 3 décembre. 9h45.
Le vent hurle dans les rues et me crache au visage. Ses insultes sifflantes et glacées charrient de lames en cristaux de glace coupants. Je resserre les plis de mon manteau noir trop large autour de moi et enfonce mes mains dans les poches. Si seulement il pouvait m’engloutir. La grêle gifle mes joues à la peau trop fine brutalement. Peut-être que j’aurai le visage écorché en arrivant à l’université. Peut-être que le rouge recouvrira ma figure morte en une étreinte grondante et rassurante. Peut-être que deux épingles de glace pourraient crever mes iris et noyer mes yeux en une caresse d’un carmin âcre. Je tâte ma joue prudemment et observe mes doigts. Pas de rouge. Pas encore. Ce n’est pas grave, il me reste encore quelques minutes d’écorchures glacées avant de rentrer en classe.
Et dans mon dos on murmure encore, on pointe ma silhouette floue noyées dans un long manteau sombre. Mais ce n’est pas grave, je ne les écoute plus depuis longtemps. Je me tiens droit, je marche en regardant devant moi. Menton haut, regard creux. Un pas après l’autre, claquement sec de mes chaussures en cuir noir sur le pavé inégal. Je me sens comme un métronome. Rigide. Un vieux métronome rouillé. Douloureux. Je ne suis pas beau, je le sais bien.


Morale :

Jeudi 3 décembre.10h56.
Bruissement de papier froissé contre mes tympans. Chuchotement de la plume qui caresse respectueusement la feuille vierge. Musique expirée de l’encre qui sèche. Dans les gradins, ça sent le plastique neuf, la javel et la transpiration. Je n’aime pas l’odeur des écoles. J’aime ses bruits, ses musiques, ses silences aussi. J’aime entendre les autres élèves rire, pleurer, crier, s’insulter. J’aime entendre dans leur bouche ces roulements de perles entrechoquées.
La chaise grince un peu quand je m’assois. Elle est un peu bancale. Un peu comme moi. Je l’aime bien, cette chaise. A gauche, tout au fond de la classe, là d’où je peux regarder tout le monde sans que personne ne me voit. Je n’en bouge pas de toute la journée, je ne frémis même si on me donne un coup par inadvertance. Il ne faut pas qu’on me voie. Il ne faut pas qu’on me regarde. Je dois être invisible. Juste pour pouvoir écouter encore, et parfois regarder sous mes paupières mi-closes. Il faut faire très vite pour qu’on n’accroche pas mon regard d’opale terne.

Jeudi 3 décembre. 15h23.
Un hybride écureuil pleure juste devant moi. Je ne suis séparé de lui que par un bras tendu. Ses épaules tressautent, ondulent, ploient, gémissent, souffrent. Les hoquets qui sortent de sa bouche sonnent comme des violons ivres, son souffle entrecoupé comme une clarinette sans hanche, ses sanglots comme les cris d’une flûte fendue. Harmonie brisée. Jamais assonance n’a été aussi somptueuse. C’est beau. C’est fascinant. Sa douleur suinte autour de lui en une nappe épaisse et poisseuse, et je m’y retrouve englué, papillon de nuit attiré par la brûlure d’un soleil artificiel.
Sur le côté droit de ma chaise, quelques échardes dépassent de la courbe lisse du bois traité. J’y presse ma paume doucement, puis plus fort. Les épines irrégulières s’y enfoncent mollement, et tout doucement ma main devient humide et rougeoyante. Ca fait mal. Mais je ne pleure pas. Je n’y arrive pas. Et pourtant, je le veux tellement.

Jeudi 3 décembre. 19h13.
Mes devoirs sont faits, la table nettoyée, la chambre rangée, les vêtements en train d’être lavés. C’est l’heure de l’exercice. Je réécoute d’abord tout. Les rires en grelots entrechoqués, ceux qui ressemblent plus à des piécettes secouées, ceux qui vibrent dans l’air longtemps, comme des archets écorchés. Les cris sourds et étouffés de rage contenue, les hurlements de douleur perçante, les insultes calmes au fil tranchant. Les pleurs en percussions irrégulière, les larmes en bruit de cristal brisé, les soupirs qui échouent dans l’air comme des sirènes aux flancs entaillés.
Maintenant que je suis dans ma chambre sombre et étouffée et que personne ne peut se moquer de moi, j’essaye de faire comme eux. Sourire. Je tire les lèvres. Vers le haut. Non, pas comme ça. Vers les côtés. Non plus. Les deux à la fois ? Non. Le miroir se moque encore de moi, pitoyable pantin au visage de cire coulé sans sourire. Je ne sais pas sourire. Je ne sais pas rire, je ne sais pas pleurer, je ne sais pas tout ça. Et pourtant, je le veux tellement.


Histoire :

Jeudi 3 décembre. 21h46.
Je n’ai pas envie d’aller dormir. Mes rêves me font peur. Ils ont des reflets d’hallucinations vraies, de souvenirs nauséeux, de secrets révélés. Mes rêves me font peur. Au réveil, ils cognent lourd dans mes tempes et dans ma poitrine, et résonnent dans mes veines en un gong moqueur et hypocrite.

- … ignoble…
- … ses yeux…
- … monstre sans sentiment…
- … pas le garder, ça nous…
- … peur…
- … abandonner sur le…
- … dès demain…

Ca résonne comme ça. Lourd, pâteux, collant, comme une brique rouge et acide dans le ventre. Alors je ne dors pas. A la place je refais mes devoirs, je réapprends mes leçons, je nettoie le petit coin cuisine intégralement, je sors tout de mon armoire pour la dépoussiérer et la ranger à nouveau, je plie le linge s’il est déjà sec. Oui, je me sens vraiment comme un métronome. Rigide. Un vieux métronome rouillé. Douloureux. Je ne suis pas beau, je le sais bien. Mais pourtant j’aurais essayé de le devenir. Je ne sais ni sourire, ni rire, ni pleurer, je le sais bien. Mais pourtant j’aurais essayé d’y arriver. Je voulais juste qu’on m’aime un peu, qu’on m’explique comment faire fondre mon masque d’une cire aussi dure que de l’acier. Je voulais juste qu’on m’aime un peu.
Je viens de plier la dernière chemise. Peut-être que je pourrais encore relire mes notes de littérature, que je me laisse envahir par le froufrou des mots plutôt que par les grincements de mes souvenirs. Oui, je vais relire mes notes de littérature. Puis celles d’art. Après, je rangerai les placards de la petite cuisine, et je me ferai un café. Pour ne pas dormir. Ne pas dormir, surtout pas.

Vous

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Dernière édition par Nathanael Keeley le Ven 12 Mar 2010 - 19:04, édité 1 fois
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